Le district sanitaire de Touba a abrité jeudi la Journée mondiale de lutte contre la lèpre. Avec 83 nouveaux cas sur 282 dépistés au niveau national en 2025, la ville sainte représente près de 25 % des cas nationaux. Ainsi, les autorités sanitaires appellent à renforcer le dépistage précoce et la sensibilisation.
Cette année, la cité religieuse de Touba a été choisie pour accueillir la Journée mondiale de lutte contre la lèpre au Sénégal. La cérémonie, tenue à l’amphithéâtre de l’Université Cheikh Ahmadou Bamba de Ndame, a été présidée par l’adjoint au gouverneur de Diourbel, en présence du directeur général de l’Action sociale du ministère de la Famille et des Solidarités.
Selon Djibril Diop, adjoint au gouverneur de la région de Diourbel, le choix de Touba s’explique par une analyse approfondie des chiffres. « Le district sanitaire de Touba concentre à lui seul au moins 25 % des cas dépistés dans le pays », dit-il.
Des données confirmées par Abdourahmane Seck, infirmier chef du poste de santé de Touba Khayra et point focal lèpre de la région de Diourbel. « Sur 282 nouveaux cas dépistés en 2025 au Sénégal, 83 sont issus de la ville de Touba, sur un total de 120 cas pour toute la région de Diourbel », précise-t-il.
Pour M. Seck, la propagation de la maladie à Touba est liée au dépistage tardif. « Parmi les 83 cas recensés à Touba, 6 ont été dépistés alors qu’ils étaient déjà en situation de handicap », alerte-t-il.
Il rappelle que la lèpre est contagieuse et que la promiscuité favorise sa transmission. Selon lui, si les gens sont malades, qu’ils ont la forme contagieuse et qu’ils ne se traitent pas, qu’ils ne se dépistent pas, cela favorise sa propagation rapide à travers la ville.
Pour Boucar Diouf, directeur de l’Action sociale, la lutte doit s’accentuer sur la sensibilisation. Car, il est vrai que beaucoup de Sénégalais pensent que cette maladie a disparu depuis la suppression des villages de reclassement social. Or, elle est là, et elle continue à sévir. «C’est une maladie dangereuse et handicapante », insiste-t-il. Il appelle les communautés religieuses à s’impliquer dans la sensibilisation des masses.
L’adjoint au gouverneur abonde dans le même sens en soulignant que, compte tenu des nouveaux cas dépistés dans la région, et plus précisément dans le district de Touba, il est temps d’agir à travers la sensibilisation, la communication, mais aussi le dépistage précoce. Le seul moyen, selon lui, pour éliminer la maladie.

