Quand j’emploie politique je me réfère à la catégorie qui prend en charge la déposition des inégalités en ciblant leur cause première.
1- Des supporters sénégalais et ivoiriens sont privés de visa d’entrée aux Etats Unis alors que des supporters d’autres états en ont droit. Les lois qui sont anti-migrants cachent l’origine, le capitalisme, qui actionne la contradiction centre/périphérie, le nord riche/le sud pauvre.
Je pose une question: devrions-nous boycotter cette compétition, nous faisant mal et violence en tant que supporters et fédération pour les milliards perdus pour non-participation et les sanctions. Si ma réponse est oui je serai taxé de gauchiste et voué aux gémonies. Personne ne me féliciterait pour souverainisme économique et politique.
2- Des pays africains supportent le Mexique contre l’Afrique du Sud. La vague xénophobe contre d’autres Africains en Afrique révèle que le capitalisme n’a cure de la couleur de la peau. Il peut l’utiliser pour masquer l’exploitation. Avant la fin de l’apartheid c’était noir contre blanc. Aujourd’hui, c’est noir sud-africain contre noir d’autres pays. Les migrants qui arrivent en Afrique du Sud constituent un lumpen-prolétariat fragilisé dans leur propre pays par l’impérialisme et des dirigeants à sa solde. L’Afrique du Sud est devenue un pays émergeant avec une classe de noirs aux affaires avec les blancs et une discrimination extraordinaire envers les autres noirs. Depuis les terres, les richesses sont entre les mains des blancs et d’une infime minorité de noirs. Cette précarisation en Afrique du Sud, des noirs, est travaillée le capitalisme pour désigner les migrants des autres pays comme la cause de leurs situations.
La division des Africains, le chaos en Afrique, font partie des stratégies d’étranglement de l’Afrique sur le chemin de son unité. Ces africains qui supportent le Mexique contre l’Afrique du Sud et les sud-africains xénophobes ont le même ennemi (le capitalisme) qui alimente le nationalisme, crée peu d’emplois pour accroître l’intensité au travail et les plus-values. Le parti de Julius Malema a un gros boulot.
NB: Julius Malema est le chef et le fondateur du parti Eff (Front pour l’indépendance économique). Il a indiqué sa volonté de faire de l’Eff un parti «de gauche radicale, anticapitaliste et anti-impérialiste.»
NB : Quand le président de l’Afrique du Sud a rendu visite à Trump, ce dernier a sorti la photo de Malema pour lui dire : «Qu’est-ce que tu attends pour le foutre en prison». Mais Malema est aussi populaire en Afrique du sud que Capitaine Traoré au Burkina, que Sonko au Sénégal.
Cheikh KASSÉ

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