Le patron de Tesla et de SpaceX, Elon Musk, est convoqué lundi à Paris dans le cadre d’une enquête judiciaire visant le réseau social X (anciennement Twitter), poursuivi pour de multiples accusations, dont la manipulation de son algorithme et la diffusion de contenus illicites, avec une interrogation majeure : viendra-t-il à l’audition ?
Selon un communiqué du parquet de Paris, daté du 3 février, cette audition libre, qui concerne également Linda Yaccarino, ex-directrice générale de la plateforme, doit permettre aux responsables de la plateforme « d’exposer leur position » sur des faits examinés par la justice française depuis janvier 2025.
L’enquête a été ouverte à la suite de deux signalements, dont celui du député Éric Bothorel, évoquant une possible utilisation de l’algorithme de recommandation de X à des fins d’ingérence informationnelle. Les investigations portent notamment sur des soupçons d’« altération du fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données en bande organisée » et d’« extraction frauduleuse de données ».
Les autorités judiciaires s’intéressent également à de potentielles interventions dans la hiérarchisation des contenus, susceptibles de favoriser certaines orientations idéologiques, notamment en lien avec des formations politiques européennes.
Par ailleurs, la justice française examine la diffusion de contenus controversés liés à l’intelligence artificielle Grok, développée par xAI, également propriété d’Elon Musk. Après une mise à jour en 2025, ce chatbot a été accusé d’avoir relayé des propos antisémites et négationnistes, notamment en remettant en cause la finalité des chambres à gaz dans les camps nazis.
Ces publications ont conduit plusieurs organisations, dont la Ligue des droits de l’Homme et SOS Racisme, à déposer plainte pour contestation de crimes contre l’humanité. Le parquet de Paris a confirmé avoir intégré ces éléments à l’enquête en cours.
Au total, les investigations portent sur un large éventail de faits, incluant également la diffusion de contenus illicites tels que des photomontages sexualisés non consentis, dans un contexte de régulation accrue des grandes plateformes numériques en Europe.
Le réseau X, racheté par Elon Musk en octobre 2022, fait depuis l’objet de critiques récurrentes concernant sa gouvernance, la modération des contenus et le fonctionnement de ses algorithmes.
