Pour rendre l’éducation financière accessible à tous les Sénégalais, le médiateur de la République exhorte l’Administration à lutter contre les zones blanches, c’est-à-dire les zones non encore électrifiées et où l’internet fait défaut. Demba Kandji intervenait à l’ouverture de la première édition des Assises de la médiation et de l’éducation financières tenues les 4 et 5 juin 2026, organisée par l’Observatoire de la qualité des services financiers (Oqsf).
Dans le cadre du Programme national d’éducation financière (Pnef), le gouvernement veut rendre l’éducation financière accessible à tous les Sénégalais. Pour l’atteinte de cet objectif, non seulement toutes les localités du Sénégal devraient électrifiées, mais également l’internet devrait aussi être accessible à tous. C’est l’avis du médiateur de la République, qui exhorte l’Administration à lutter contre les zones blanches. «C’est bien de dire qu’aujourd’hui, les procédures sont dématérialisées, le mobile banking se développe. Mais partout où les gens n’ont pas accès à l’électricité, il n’y a pas de mobile banking. Donc, l’égalité devant les services financiers est encore à parfaire. Dans certaines zones de notre pays, il n’y a pas encore d’électricité ; des citoyens parcourent encore des kilomètres, à dos de cheval, pour recharger leurs téléphones. Ces gens ne sont pas concernés par cette modernisation à toute vitesse. Je pense que ce sont des zones blanches qu’il faudrait prendre en compte dans cette éducation financière. C’est bien d’éduquer les gens, de les envoyer vers le mobile banking, mais tout le monde n’y est pas. Cette démocratie administrative, qui se construit en parallèle avec la démocratie politique, est encore à parfaire à cause de ces zones blanches qui existent», a déclaré le magistrat Demba Kandji. Il intervenait à l’ouverture de la première édition des Assises de la médiation et de l’éducation financières organisée les 4 et 5 juin 2026 par l’Observatoire de la qualité des services financiers (Oqsf).
Depuis 16 ans, le Sénégal a mis en place un dispositif de médiation financière pour renforcer la régulation et la stabilité du marché, améliorer la qualité des services financiers et surtout instaurer un climat de confiance entre les institutions financières et les usagers. A ce propos, rappelle M. Kandji, la médiation est un outil essentiellement important pour la démocratie administrative. «Vous ne pouvez pas imaginer le nombre de litiges que nos médiateurs aplanissent à longueur d’année au bénéfice des citoyens simplement par des outils de négociation qui ne sont pas à la portée du juge ou de l’administrateur. Si nous avons en partage avec ces derniers le Droit, en plus de ce Droit, les médiateurs utilisent parfois l’équité. L’administrateur ne peut pas utiliser l’équité, le banquier non plus, alors que les médiateurs sont habilités à aller au-delà du Droit. C’est tout cela qui fait que la médiation est d’une grande pertinence. Elle doit être encouragée au sein de nos administrations dans l’intérêt du citoyen et des administrations, parce que la confiance que nous nous efforçons à longueur de journée à insuffler à nos concitoyens pour les amener en direction des banques et des administrations, est tout à fait essentielle. Sans cette confiance, ces citoyens se défient de la banque», plaide le médiateur de la République.
Il a été ainsi suggéré, lors de ces assises, de veiller à ce que les programmes d’éducation financière ne soient pas centrés uniquement sur les jeunes urbains et scolarisés, en incluant massivement la jeunesse souvent analphabète ; d’accélérer la digitalisation des procédures de saisine du médiateur financier, pour que l’Oqfs soit accessible aux citoyens éloignés ; d’intensifier la traduction et la diffusion des modules d’éducation financière dans les langues nationales, en mettant l’accent sur l’explication des contrats et des mécanismes de recours.
