Muhammet Yorulmaz, responsable Afrique centrale de la fondation turque TDV : « Grâce aux moyens mis à disposition par la Türkiye, nous nous rendons dans les zones de crise afin d’acheminer l’aide humanitaire aux populations dans le besoin »
Les conflits armés qui perdurent depuis des années dans la bande sahélienne, l’instabilité politique, les déplacements forcés de populations et l’aggravation des difficultés économiques continuent de détériorer les conditions de vie de millions de personnes à travers la région.
La guerre civile qui a éclaté au Soudan en avril 2023, les incertitudes politiques au Niger, les difficultés économiques au Tchad ainsi que les menaces sécuritaires causées par les groupes armés actifs dans plusieurs zones contribuent à approfondir davantage la crise humanitaire.
Selon les données des Nations unies, des millions de personnes ont été déplacées et des centaines de milliers de familles peinent à satisfaire leurs besoins essentiels.
La faim, la malnutrition, le manque d’accès à l’eau potable et l’insuffisance des services de santé figurent parmi les principaux défis humanitaires auxquels la région est confrontée.
Les conditions de vie se dégradent particulièrement dans les camps accueillant des migrants irréguliers et des personnes déplacées, tandis que les organisations humanitaires internationales peinent à répondre à l’augmentation constante des besoins.
Les spécialistes soulignent que les problèmes humanitaires dans la région ne pourront être résolus uniquement par l’aide d’urgence et insistent sur la nécessité de mettre en œuvre des projets de développement durables axés sur l’éducation, l’agriculture, les infrastructures et la production.
La TDV poursuit ses activités humanitaires au Sahel et en Afrique centrale
La Fondation turque des affaires religieuses (TDV) poursuit ses actions humanitaires dans les pays du Sahel et d’Afrique centrale touchés par les crises, tout en mettant en œuvre des projets de développement à long terme au profit des populations vulnérables.
Muhammet Yorulmaz, responsable du bureau Afrique centrale au sein du département des services humanitaires internationaux de la TDV, a indiqué à Anadolu qu’une équipe de 44 personnes est actuellement mobilisée au Tchad dans le cadre du programme de sacrifice par procuration 2026.
Dans le cadre de l’organisation de l’Aïd al-Adha, les équipes interviennent dans six villes et 23 sites d’abattage. Environ 8 000 bovins ont été sacrifiés, permettant à plus de 320 000 Tchadiens de bénéficier de cette opération.
« Nous poursuivons nos activités humanitaires au Soudan sans interruption »
Yorulmaz a expliqué que la TDV est particulièrement active au Soudan, au Soudan du Sud, en Somalie, à Djibouti et au Tchad. Il a souligné que les opérations humanitaires se poursuivent sans interruption au Soudan malgré la guerre civile.
À travers des programmes durant le Ramadan, des campagnes de sacrifice, des projets de forage de puits et de distribution de repas chauds, la fondation continue d’apporter son aide aux populations dans le besoin.
« Grâce aux moyens fournis par la Türkiye, nous nous rendons dans les zones de crise afin de faire parvenir l’aide aux personnes qui en ont besoin », a-t-il déclaré.
Tout en rappelant l’importance vitale de l’aide humanitaire, Yorulmaz a estimé qu’elle ne saurait suffire à elle seule et a insisté sur la nécessité de soutenir davantage les projets favorisant la production et l’emploi.
« Nous constatons sur le terrain que les aides ponctuelles ne permettent pas de résoudre durablement les problèmes », « Il est nécessaire d’accorder davantage d’importance aux aides au développement ainsi qu’aux projets soutenant la production et l’emploi. Nous pensons que les difficultés pourront être progressivement réduites grâce à des initiatives renforçant l’éducation, les infrastructures et les moyens de subsistance. » a-t-il affirmé.
La faim et le manque d’eau potable demeurent les principaux défis
Selon Yorulmaz, la faim, la malnutrition et les difficultés d’accès à l’eau potable atteignent des niveaux particulièrement préoccupants dans la région.
Il a indiqué que les populations vivant dans les camps rencontrent de grandes difficultés pour accéder aux besoins essentiels.
« Nous ne distribuons pas seulement des colis alimentaires. Nous mettons en œuvre des projets de repas chauds, des projets d’accès à l’eau et accordons également une grande importance aux initiatives de développement à long terme. Toutefois, les insuffisances des infrastructures compliquent souvent l’acheminement de l’aide vers certaines zones », a-t-il expliqué.
« Vous êtes toujours ceux que nous attendons »
Yorulmaz a également partagé un souvenir marquant vécu lors d’une mission au Soudan.
Dans le cadre des activités menées pendant le Ramadan 2024 dans la région d’Atbarah, il avait remis un colis alimentaire à une personne vulnérable se déplaçant en fauteuil roulant.
« Après lui avoir remis le colis, je m’apprêtais à prendre congé. Il m’a serré dans ses bras et s’est mis à pleurer. Il m’a dit : “Vous êtes toujours ceux que nous attendons. Malgré mon état, je suis venu ici parce que j’ai appris votre arrivée.” Cette phrase m’a profondément marqué. Elle reflète la confiance et l’affection que les habitants portent à la Türkiye et au peuple turc », a-t-il raconté.
« Les aides du peuple turc trouvent un écho considérable »
Yorulmaz a enfin souligné que les populations de la région accueillent les organisations humanitaires turques et les donateurs avec une grande sincérité.
« Partout où nous allons, les gens nous invitent chez eux, nous racontent leur histoire. Lorsque nous leur demandons ce que nous pouvons faire de plus pour eux, la réponse est souvent : “Votre présence régulière nous suffit.” Cela nous encourage à poursuivre nos efforts avec encore plus de détermination », a-t-il conclu.
