L’affaire des présumés faits de corruption, de faux en écritures publiques et de détournement de deniers publics liés à des projets d’électrification rurale connaît un nouveau développement judiciaire. Dans un communiqué publié ce jeudi 5 juin sur sa page LinkedIn, le parquet financier a fait le point sur l’évolution des différentes procédures visant la société AEE POWER et ses relations avec l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER).
Selon le procureur de la République financier, le dossier est désormais entre les mains d’un juge d’instruction, chargé de poursuivre les investigations sur cette affaire aux multiples ramifications.
Le parquet rappelle que le 17 septembre 2024, l’administrateur de la société espagnole AEE POWER EPC SAU, maison-mère du groupe, avait déposé une plainte avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d’instruction du tribunal de Dakar. Cette plainte visait l’administrateur de la filiale sénégalaise AEE POWER SENEGAL, son Project Manager ainsi que la société elle-même pour des faits présumés de tentative d’escroquerie, de faux et usage de faux en écritures administratives et de manœuvres frauduleuses.
Compte tenu de la dimension financière du dossier, le doyen des juges d’instruction s’est dessaisi au profit du parquet financier. Celui-ci a ensuite confié l’affaire à un juge d’instruction le 23 mars 2026.
Une fausse quittance de plus de 918 millions de F CFA au centre des investigations
Parallèlement à cette procédure, l’État du Sénégal, représenté par l’Agent judiciaire de l’État (AJE), s’est constitué partie prenante dans une autre enquête ouverte le 6 janvier 2025 et confiée à la Division des investigations criminelles (DIC).
Les investigations portent notamment sur l’utilisation présumée d’une fausse quittance administrative d’un montant de 918 339 800 F CFA. Selon les éléments communiqués par le parquet financier, ce document falsifié aurait servi à l’enregistrement du contrat initial conclu entre AEE POWER EPC et l’ASER.
Estimant qu’il existe des « liens de connexité évidents » entre cette affaire et la plainte initiale pour escroquerie et faux, le parquet financier a saisi le même juge d’instruction afin d’envisager la jonction des deux procédures.
Le montant particulièrement élevé de cette quittance présumée frauduleuse a notamment motivé l’intervention de l’Agent judiciaire de l’État dans le dossier.
Par ailleurs, le procureur financier a indiqué que l’enquête ouverte à la suite de la plainte déposée par le député Thierno Alassane Sall se poursuit actuellement sous la conduite de la Section de recherches.
