« L’Afrique voudrait voir un Mali stable, un Mali entretenant de bonnes relations avec ses pays voisins et un Mali où l’ordre constitutionnel est rétabli » a affirmé Mahmoud Ali Youssouf

Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf, a réaffirmé, lundi à Bamako, le souhait de l’organisation continentale de voir le Mali renouer avec l’ordre constitutionnel, à l’issue de son audience avec le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, dans le cadre d’une visite officielle de 48 heures.

S’exprimant devant la presse, Mahmoud Ali Youssouf a indiqué que l’UA entend accompagner les autorités maliennes dans le processus politique devant conduire au rétablissement de l’ordre constitutionnel, tout en soulignant que cette démarche devait être menée « par les Maliens, pour les Maliens ».

« L’Afrique voudrait voir un Mali stable, un Mali entretenant de bonnes relations avec ses pays voisins et un Mali où l’ordre constitutionnel est rétabli », a déclaré le président de la Commission de l’Union africaine.

Il a estimé que le processus de transition avait déjà franchi plusieurs étapes, notamment avec l’adoption d’une nouvelle Constitution, avant d’ajouter que « l’horizon politique se traduira certainement par l’organisation d’élections ».

Mahmoud Ali Youssouf a également rappelé que la suspension du Mali des organes politiques de l’UA ne visait pas à isoler le pays.

« La suspension du Mali des organes politiques de l’Union africaine n’est pas une volonté d’isoler le Mali. C’est surtout une manière de réaffirmer les règles et les procédures qui sont les nôtres », a-t-il expliqué, tout en assurant que l’organisation restait aux côtés des autorités maliennes pour accompagner ce processus.

Le responsable africain a par ailleurs souligné que le premier objectif de sa visite était d’exprimer la solidarité de l’UA à la suite des récentes attaques terroristes ayant frappé le Mali.

Il a condamné « avec la plus grande fermeté » ces violences et salué « la bravoure des Forces armées maliennes ainsi que la résilience des populations maliennes », estimant que le Mali faisait face à cette menace « au nom de l’Afrique ».

Le président de la Commission a enfin alerté sur l’expansion de la menace terroriste vers les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest, citant notamment le Ghana, le Togo et le Bénin, et a appelé à une réponse coordonnée à l’échelle continentale.

Arrivé dimanche à Bamako pour une visite de 48 heures, Mahmoud Ali Youssouf a également tenu, ce lundi 13 juillet 2026, une séance de travail avec le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, à la tête d’une délégation de haut niveau de l’Union africaine en visite de solidarité et de travail au Mali.

Au cours des échanges, les deux parties ont abordé plusieurs questions d’intérêt commun, notamment les perspectives de raffermissement de la coopération régionale, l’amélioration des relations de voisinage dans une dynamique de renforcement de la confiance, la consolidation du rôle de la MISAHEL, le renforcement de la solidarité africaine face aux défis communs, la dynamique géopolitique sous-régionale liée à la Confédération des États du Sahel (AES), la lutte contre le terrorisme, y compris les stratégies visant à assécher les financements du terrorisme, ainsi que le rejet des ingérences extérieures dans les affaires intérieures du Mali.

Il convient de rappeler que le Mali demeure suspendu des organes et des activités de l’Union africaine depuis le coup d’État de mai 2021. Cette suspension reste en vigueur en raison de la rupture de l’ordre constitutionnel, même si l’organisation continue de maintenir le dialogue et la coopération avec les autorités de la Transition.

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