Le commissariat d’arrondissement de Yeumbeul a déféré, mardi dernier, cinq individus devant le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, acte contre nature, transmission volontaire du VIH et mise en danger de la vie d’autrui, selon des sources de nos confrères de Seneweb.
Parmi les personnes interpellées figure un membre des Forces de défense et de sécurité. L’affaire a débuté après une dénonciation déposée par un commerçant qui affirme avoir reçu des messages et des contenus à caractère sexuel via WhatsApp.
Une invitation nocturne à l’origine de l’affaire
Les faits remontent à la nuit du mercredi 8 au jeudi 9 juillet 2026. Le nommé H. SARR, commerçant de profession, s’est présenté au commissariat de Yeumbeul pour signaler des faits impliquant S. E. T. Y. LEYE.
Devant les enquêteurs, le plaignant explique avoir connu ce dernier dans le cadre de son activité commerciale, après lui avoir vendu des poulets de chair. Les deux hommes avaient échangé leurs contacts, sans toutefois entretenir une relation particulière.
Selon son récit, dans la nuit du 9 juillet, vers minuit, S. E. T. Y. LEYE lui aurait envoyé plusieurs messages l’invitant à se rendre à son domicile situé à Yeumbeul Thierno Ndiaye, précisant que son épouse était absente. Des messages accompagnés, selon l’enquête, de contenus jugés explicites ainsi que de fichiers audio et vidéos.
Choqué par cette situation, H. SARR en a informé son père, qui lui a demandé de se rendre à la police accompagné de son frère afin de déposer une plainte.
Une interpellation après un dispositif des enquêteurs
Alertés, les éléments de la Brigade de recherches se sont rendus sur les lieux indiqués. Les enquêteurs auraient demandé au plaignant de répondre favorablement à l’invitation afin de permettre l’interpellation du suspect.
S. E. T. Y. LEYE a finalement été arrêté aux environs d’une heure du matin, alors qu’il sortait de son domicile. Placé en garde à vue, son téléphone portable a été saisi pour exploitation.
L’analyse de l’appareil aurait permis aux enquêteurs de découvrir d’autres échanges jugés compromettants avec plusieurs contacts. Interrogé sur certains messages, le mis en cause aurait reconnu connaître un membre des Forces de défense et de sécurité présenté comme l’un de ses partenaires.
D’autres arrestations après l’exploitation des téléphones
Les investigations se sont poursuivies avec l’exploitation du compte TikTok du suspect, où les enquêteurs auraient identifié d’autres échanges avec un certain L. SENE.
Grâce aux éléments recueillis, ce dernier a été interpellé jeudi 9 juillet 2026 au marché Zing de Pikine. Deux téléphones, un iPhone 12 Pro Max et un Tecno Pop 10C, ont été saisis.
L’exploitation de ces appareils a conduit à de nouvelles interpellations, dimanche 12 juillet. Les policiers ont arrêté M. KANE à la Médina, puis M. SECK, également connu sous l’identité de M. M. CAMARA. Le membre des Forces de défense et de sécurité S. KHOULE a également été interpellé à la suite des déclarations de l’enseignant.
Les déclarations des mis en cause
Selon les enquêteurs, S. E. T. Y. LEYE, enseignant âgé de 43 ans et domicilié à Yeumbeul, aurait reconnu une partie des faits qui lui sont reprochés. Il aurait déclaré avoir intégré ce milieu depuis 2021 et indiqué être informé de son statut sérologique depuis cette période.
L. SENE, vendeur de tissu âgé de 31 ans et domicilié à Pikine, aurait nié les accusations portées contre lui. Il aurait expliqué certaines rencontres par des demandes de prières auprès de l’enseignant, tout en contestant les conclusions tirées des échanges retrouvés dans son téléphone.
M. KANE, tailleur de 39 ans résidant à la Médina, aurait reconnu certains faits lors de son audition, tandis que M. SECK, commerçant âgé de 28 ans, aurait également admis avoir utilisé les réseaux sociaux pour entrer en contact avec d’autres personnes.
De son côté, S. KHOULE, membre des Forces de défense et de sécurité âgé de 31 ans, a nié les accusations. Il a affirmé que sa relation avec l’enseignant était uniquement amicale, malgré les éléments extraits des échanges téléphoniques.
Trois tests VIH positifs et un déferrement au parquet
Dans le cadre de l’enquête, les cinq suspects ont été soumis à des tests de dépistage au niveau du district sanitaire de Yeumbeul.
Les résultats transmis aux enquêteurs font état de la présence d’anticorps VIH-1 chez trois des mis en cause : S. E. T. Y. LEYE, L. SENE et M. SECK. Les deux autres suspects, M. KANE et S. KHOULE, ont obtenu des résultats négatifs.
À l’issue de leur garde à vue, les cinq individus ont été conduits, mardi 14 juillet 2026, devant le procureur Saliou Dicko, chef du parquet de Pikine-Guédiawaye.
