La Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar (CCIAD) appelle à une meilleure inclusion financière des femmes évoluant dans le secteur informel. À travers un atelier organisé à Dakar, l’institution consulaire a identifié les principaux obstacles à leur accès au crédit et proposé plusieurs leviers pour renforcer la formalisation, la structuration et la bancabilité des activités féminines, rapporte Sud.

L’accès au financement demeure l’un des principaux défis de l’entrepreneuriat féminin au Sénégal. C’est le constat dressé par la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar (CCIAD), qui a réuni hier, jeudi, des responsables institutionnels, des expertes et des représentantes d’organisations féminines afin d’examiner les solutions susceptibles de favoriser une meilleure inclusion financière des femmes du secteur informel.

Ouvrant les travaux, le président de la CCIAD, Abdoulaye Sow, a salué la contribution des femmes à l’économie nationale, notamment dans la transformation des produits locaux, l’élevage et le commerce de détail. Il a toutefois estimé que leur potentiel reste entravé par des barrières structurelles, dont la principale est la difficulté d’accéder à des financements formels, adaptés et durables.

Pour répondre à cette problématique, la CCIAD a mis en avant quatre priorités stratégiques. La première porte sur la formalisation des activités, considérée comme une étape indispensable pour renforcer la crédibilité des entrepreneures auprès des établissements financiers et faciliter leur accès au crédit.

Le deuxième levier concerne une meilleure appropriation des dispositifs publics d’appui au financement. Selon les participants, les mécanismes proposés par la Délégation à l’entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes (DER/ FJ), le Fonds de garantie des investissements prioritaires (FONGIP), l’Agence de développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises (ADEPME) ou encore le Fonds de développement et de solidarité municipal (FODEM) demeurent insuffisamment connus des porteuses de projets, limitant ainsi leur utilisation.

La Chambre préconise également une plus grande structuration des activités à travers les coopératives et les groupements d’intérêt économique (GIE). Une telle organisation permettrait aux entrepreneures d’accroître leur capacité de négociation, de répondre à des marchés de plus grande envergure et de mieux accéder aux marchés publics.

Enfin, l’accent a été mis sur le renforcement des capacités en matière de montage de projets. L’élaboration de plans d’affaires solides et de dossiers de financement bancables apparaît comme une condition essentielle pour améliorer les chances d’obtenir des crédits auprès des institutions financières.

Réaffirmant son engagement, la CCIAD entend jouer un rôle d’accompagnement auprès des femmes entrepreneures en facilitant les démarches de formalisation, en soutenant les organisations professionnelles féminines et en renforçant le plaidoyer en faveur d’un écosystème financier plus inclusif.

Les échanges ont également permis de recueillir les préoccupations des participantes, qui ont insisté sur la nécessité de simplifier les procédures d’accès aux financements, d’améliorer l’accompagnement technique et de développer des produits financiers mieux adaptés aux réalités des activités du secteur informel. L’atelier s’inscrit ainsi dans une dynamique visant à faire de l’inclusion financière des femmes un levier de croissance, de création d’emplois et de développement économique durable.

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