L’enquête sur le double meurtre d’El Hadji Abdoul Aziz Ba, connu sous le nom d’Aziz Dabala, et de Boubacar Gano, alias Waly, connaît un nouveau tournant. Les résultats des analyses ADN réalisées sur la scène du crime conforteraient les éléments à charge visant le principal suspect, Mamadou Lamine Diaw, alias Modou Lo, tout en ne mettant pas en évidence de traces génétiques attribuées aux autres personnes poursuivies dans le dossier, selon des informations de nos confrères de de Senweb.
Retour sur les faits
Les corps sans vie d’Aziz Dabala et de Boubacar Gano avaient été découverts le 19 août 2024 dans leur appartement situé à Pikine Technopole. À la suite de cette découverte, six personnes avaient été inculpées pour association de malfaiteurs, assassinat avec actes de barbarie, vol et recel. Parmi elles figuraient notamment la danseuse Marème Léye, dite Nabou Léye, et Mamadou Lamine Diaw.
Interpellé à Touba, Mamadou Lamine Diaw avait initialement reconnu les faits avant de revenir sur ses aveux. Il avait alors impliqué la danseuse Nabou Léye ainsi que le chanteur Tarba Mbaye, affirmant qu’ils l’auraient recruté pour intimider Aziz Dabala, qui aurait détenu des vidéos compromettantes les concernant.
Selon cette nouvelle version, Nabou Léye aurait porté les coups mortels à Aziz Dabala, tandis que Tarba Mbaye aurait mortellement agressé Boubacar Gano.
Tarba Mbaye mis hors de cause par les premières investigations
Entendu par les enquêteurs, Tarba Mbaye a rejeté l’ensemble des accusations, affirmant n’avoir jamais été en contact avec Mamadou Lamine Diaw.
Les vérifications effectuées auprès de l’opérateur de téléphonie auraient corroboré ses déclarations. D’après les éléments de l’enquête relayés par Seneweb, le chanteur ne se trouvait pas à proximité de la scène du crime ni la veille, ni le jour, ni le lendemain des faits. Sur la base de ces éléments, le juge d’instruction avait ordonné sa remise en liberté.
Une autre délégation judiciaire avait ensuite permis d’identifier la propriétaire d’un numéro de téléphone fréquemment en contact avec Boubacar Gano. Il s’agissait d’une voisine des victimes, qui a expliqué entretenir des relations de bon voisinage avec le défunt et lui prêter régulièrement du matériel d’éclairage destiné à ses vidéos publiées sur TikTok.
Les analyses ADN apportent de nouveaux éléments
Afin de consolider les investigations par des preuves scientifiques, le Centre international de recherche et de formation en génomique appliquée et de surveillance sanitaire (CIGASS) a été sollicité pour procéder à de nouveaux prélèvements sur la scène du crime.
Les opérations, menées sous la supervision de la Division des investigations criminelles (DIC) et de la Division de la police technique et scientifique (DPTS), ont permis d’établir quatre profils ADN distincts.
Selon les résultats, deux profils correspondent aux victimes, un troisième à Mamadou Lamine Diaw et un quatrième, toujours non identifié, a été découvert sur un débris de verre situé près du corps d’Aziz Dabala. Les enquêteurs estiment que ce dernier profil pourrait appartenir à une personne intervenue sur les lieux après la découverte des corps.
Par ailleurs, dans la salle de bain où reposait le corps de Boubacar Gano, le sang attribué à Mamadou Lamine Diaw aurait été retrouvé mélangé à celui de la victime.
La DIC estime que les éléments scientifiques confortent ses conclusions
Toujours selon les informations de Seneweb, aucun profil ADN appartenant aux autres personnes mises en cause n’a été retrouvé sur la scène du crime.
Les enquêteurs considèrent ainsi que les accusations formulées par Mamadou Lamine Diaw contre Nabou Léye et Tarba Mbaye ne sont pas corroborées par les éléments scientifiques recueillis au cours de l’enquête.
La DIC estime également que la présence du sang du principal suspect dans plusieurs pièces de l’appartement, ainsi que les blessures qu’il aurait lui-même subies lors des faits, constituent des éléments matériels renforçant les soupçons pesant sur lui.
L’enquête étant désormais largement complétée, il appartient au magistrat instructeur de tirer les conséquences de ces nouveaux éléments dans la poursuite de la procédure judiciaire.
