Chercheurs, universitaires et partenaires internationaux du réseau Cgiar se sont réunis, mercredi 22 juillet, à Dakar, pour lancer une vaste évaluation des innovations agricoles élaborées entre 2005 et 2025. En mesurant leur pénétration réelle dans les exploitations et en identifiant les leviers de leur adoption, cette initiative stratégique entend transformer le savoir scientifique en un moteur durable de la souveraineté alimentaire et du développement rural, rapporte le soleil.

Dakar a accueilli, mercredi 22 juillet, un atelier national de première importance consacré à l’évaluation approfondie de 20 années d’innovations agricoles développées au Sénégal. Organisée sous l’égide du Standing panel on impact assessment (Spia) du réseau international Cgiar, cette rencontre stratégique a réuni un parterre de chercheurs et d’experts issus de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra), de l’Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis, de l’Université McGill, ainsi que des représentants clés du dispositif One Cgiar.

L’objectif central de ces travaux est de mesurer, de manière rigoureuse, l’impact concret des technologies mises au point entre 2005 et 2025 tout en identifiant, avec précision, les leviers institutionnels, économiques et techniques permettant d’accélérer leur adoption à grande échelle par les producteurs sur l’ensemble du territoire national. S’exprimant au nom de l’Université McGill et en sa qualité de coordinateur pays de One Cgiar au Sénégal, Dr Idrissa Ouédraogo a rappelé l’étendue des travaux accomplis. Il a souligné que de très nombreuses innovations ont été conçues et testées au cours des deux dernières décennies dans des domaines déterminants pour l’avenir agricole du pays, tels que l’amélioration variétale des cultures de base ; la gestion durable et la restauration des terres et de l’eau ; le développement de l’agroforesterie ; le renforcement de la santé animale ou encore l’élaboration de stratégies concrètes d’adaptation au changement climatique. Cependant, pour le chercheur, l’enjeu primordial ne réside plus aujourd’hui dans la simple production d’innovations en laboratoire ou en parcelle expérimentale, mais bien dans la garantie que ces avancées modifient positivement et durablement le quotidien des exploitants.

« Une innovation n’a de véritable valeur que lorsqu’elle répond à un besoin, qu’elle est adoptée et qu’elle génère un impact concret et durable », a-t-il affirmé avec insistance. Une recherche orientée vers les besoins du monde rural Selon M. Ouédraogo, cette évaluation globale permettra de dresser un diagnostic lucide du terrain pour déterminer si les technologies atteignent véritablement le monde rural, mesurer dans quelles proportions précises elles sont intégrées aux pratiques quotidiennes et analyser l’ensemble des facteurs qui expliquent leurs succès ou, au contraire, leurs freins. « Nous devons comprendre ce qui favorise ou freine l’adoption des innovations afin d’améliorer leur diffusion », a-t-il ajouté. Intervenant lors des échanges, le vice-recteur de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, le Pr Mamadou Abdoul Diop, a mis en évidence le rôle déterminant de la recherche universitaire dans l’accompagnement stratégique des politiques publiques agricoles.

Selon lui, la complexité des défis contemporains, tels que les dérèglements climatiques, la sécurité alimentaire, les enjeux de nutrition et la préservation indispensable des ressources naturelles, impose une synergie renforcée entre les universités, les instituts de recherche spécialisés et les organisations internationales. « Aujourd’hui plus que jamais, les défis liés au changement climatique, à la dégradation des ressources naturelles, à la sécurité alimentaire, à la nutrition et à la création d’opportunités pour les jeunes appellent des réponses fondées sur l’innovation, la recherche et les partenariats », a-t-il soutenu. M. Diop a également indiqué que les conclusions et données probantes tirées de cette évaluation constitueront une aide précieuse à la décision pour orienter les futurs investissements publics et consolider les politiques nationales de développement agricole. De son côté, le directeur général de l’Isra, Moustapha Guèye, est revenu en détail sur plusieurs réussites emblématiques nées de la coopération féconde entre les institutions de recherche et leurs partenaires au fil des ans.

Il a notamment cité la diffusion des variétés de riz à haut rendement Sahel et Nerica, la généralisation de la batteuse mécanique Asi ainsi que l’émergence des modèles de villages climato-intelligents. À son avis, ces initiatives concrètes ont largement prouvé leur valeur en soutenant directement la production nationale. « Notre ambition est de capitaliser sur ces acquis afin de diffuser plus largement les innovations qui ont démontré leur efficacité », a-t-il conclu.

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