En marge de la conférence de presse tenue hier par le mouvement Kiiraay-Les Patriotes Républicains, animée par la coordinatrice Dr Aminata Touré, le ministre-conseiller Aldiouma Sow, membre fondateur du parti, est également monté au créneau pour livrer une charge frontale contre l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Dans une intervention reprise par Dakaractu , à la tonalité offensive, il a entrepris de retracer ce qu’il présente comme la véritable trajectoire politique du leader de Pastef, une trajectoire qu’il qualifie sans détour de « structurée autour de l’argent, de l’immobilier et du pouvoir ».

Remontant aux origines de l’engagement syndical d’Ousmane Sonko, Aldiouma Sow rappelle que celui-ci serait entré en politique par le biais d’un différend personnel avec l’administration fiscale. Selon son récit, après avoir procédé à la vérification d’une société redevable de plusieurs millions de francs CFA, l’actuel Premier ministre se serait vu notifier une ordonnance de paiement de seulement 12.000 francs CFA, une désillusion qui l’aurait conduit à créer le syndicat des agents des impôts et domaines. Pour le ministre-conseiller, ce geste, loin de relever d’une démarche syndicale classique tournée vers la défense collective contre l’injustice, répondait avant tout à une insatisfaction personnelle. « Il a voulu régler son propre problème », a-t-il tranché.

L’intervenant a ensuite évoqué l’épisode de 2012, durant lequel Ousmane Sonko aurait dépêché deux vérificateurs auprès du couple présidentiel d’alors, avant de se lancer, deux ans plus tard, dans la création d’un parti politique, justifiant ce choix par l’idée que les avantages offerts par une formation politique surpassaient ceux d’une organisation non gouvernementale. Aldiouma Sow y voit la confirmation d’un « matérialisme politique » assumé. Il est également revenu sur la radiation de la fonction publique d’Ousmane Sonko, épisode au cours duquel ce dernier avait brandi un dossier relatif à 94 milliards de francs CFA, dans un contexte marqué par la diffusion de messages audio dont les suites sont restées gravées dans la mémoire collective sénégalaise.

Au terme de son intervention, le ministre-conseiller a estimé qu’Ousmane Sonko n’était pas fondé à se poser en garant de la transparence, évoquant, sans les détailler, « deux autres éléments » qu’il a choisi de ne pas aborder publiquement. Il a par ailleurs jugé que le passage de l’intéressé à la Primature avait révélé ses limites en matière de gouvernance, concluant qu’il ne saurait, à ses yeux, prétendre diriger l’ensemble du peuple sénégalais. Une sortie qui s’inscrit dans la continuité des passes d’armes entre Kiiraay et Pastef, deux jours après les échanges tout aussi vifs entre Aminata Touré et Ousmane Sonko sur la gestion des fonds spéciaux.

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