Le paracétamol est le médicament de premier choix pendant la grossesse pour soulager la fièvre ou la douleur. Une nouvelle étude interroge toutefois sur ses effets possibles sur les petites filles. Elle a en effet mis en lumière un lien entre la prise de paracétamol pendant la grossesse et des modifications du développement de l’appareil reproducteur chez les filles.

L’étude, publiée dans Human Reproduction Open le 9 septembre 2026, montre que les bébés féminins dont les mères avaient pris du paracétamol présentaient des ovaires plus petits, moins de follicules ovariens, un utérus plus petit et des taux d’hormones sexuelles plus faibles à l’âge de 3 mois.

Un lien entre prise de paracétamol et des modifications du développement génital

Plusieurs études menées chez l’animal avaient montré que l’exposition fœtale au paracétamol pouvait affecter le développement de la réserve ovarienne des fœtus féminins. Pour étudier si ce phénomène était observé chez l’humain, les chercheurs ont réuni 685 femmes enceintes en bonne santé. Leur prise de paracétamol et leur urine ont été analysées au cours du premier trimestre. Les 302 bébés filles nées ont été examinées lorsqu’elles avaient trois mois. Elles ont été classées selon le moment de leur première exposition au paracétamol : en début de vie fœtale (avant 17 semaines, soit 92 bébés) et en milieu ou fin de vie fœtale (à partir de 17 semaines, soit 67 bébés). Elles ont été comparées à un groupe témoin de bébés n’ayant pas été exposés au paracétamol.

« À l’âge de trois mois, nous avons constaté que les bébés exposés au paracétamol pendant la vie fœtale présentaient, en moyenne, un volume ovarien inférieur de 40 %, un volume utérin inférieur de 13 % et un nombre de follicules ovariens inférieur de 23 %. Les filles exposées au paracétamol en début de vie fœtale présentaient des taux plus faibles d’hormone anti-müllérienne, un marqueur reconnu de la réserve ovarienne« , indique la Dr Margit Bistrup Fischer, auteure de l’étude, dans un communiqué.

Des résultats similaires ont été observés au sein d’un groupe de 1.210 filles suivies de la petite enfance à l’adolescence, et dont les mères avaient déclaré, au cours du troisième trimestre de grossesse, avoir consommé du paracétamol. Ici, l’exposition fœtale au médicament était associée à un utérus plus petit à la puberté et à des ovaires plus petits à l’adolescence.

« Des études animales ont démontré qu’une formation altérée des follicules ovariens peut entraîner une baisse de la fertilité et un vieillissement reproductif plus précoce. On ignore encore si les différences observées dans notre étude ont des implications sur la fertilité et l’âge de la ménopause chez l’humain et cela nécessitera un suivi à long terme des jeunes filles de notre cohorte », ajoute Dr Margit Bistrup Fischer.

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