Omar Traoré est un numéro 10 qui n’était pas prédestiné à l’être. Ni son premier poste ni son numéro fétiche ne renvoient au 10. Ni même sa vitesse légendaire. Parce peut être, Omar était un 10 à part, rapporte Dsport
Le 10, un profil et un poste que le foot moderne semble honnir. Des révolutionnaires comme Cherki font cependant de la résistance et tentent encore de faire exister ces profils créateurs. Omar Traoré a joué à une période où le numéro 10 était la star de l’équipe, il a notamment joué la Can 2000 avec les Lions du Sénégal, et parmi ses idoles figure un certain Jay Okocha, un autre illustre représentant de ce poste où l’élégance était un credo. Mais Omar lui était un 10 à part, car il avait la vitesse. Un profil rare et précieux, qui heureusement, n’a pas fait long feu au poste de gardien de but : « Quand je jouais à l’Uassu, j’étais gardien de but. Mais quand je suis arrivé chez les cadets, je ne me suis dit je ne vais pas jouer gardien, j’avais plutôt opté pour le poste de latéral, car je savais que j’étais rapide, mais au vu de mon profil, on m’a fait jouer 10 », raconte-t-il.
Ni gardien ni latéral, mais 10. Omar fait ses gammes à Dial Diop, puis commence à briller en Navétanes à Fann, montant même chez les seniors, avant d’être repéré par L’Us Ouakam, dénommée Entente Sotrac à l’époque. Club dans lequel il va rencontrer Lamine Dieng, qui va marquer sa carrière à jamais : « C’est là-bas que je me suis le plus épanoui durant toute ma carrière, car c’était un club familial avec un grand coach Lamine Dieng qui savait comment manager une équipe. C’est avec l’Uso d’ailleurs que j’ai reçu ma première convocation en équipe nationale ».
Un autre temps où les convocations étaient annoncées dans les journaux : « Je n’étais pas au courant, c’est mon grand frère qui m’a informé. Il fallait acheter le journal pour savoir et vérifier si on était convoqué. C’est comme ça que j’ai appris ma première convocation » souvient-il.
Le premier but est tout aussi savoureux, et il a lieu à Lomé lors d’un Togo-Sénégal. Oma Traoré s’échauffe et il est visiblement chahuté : « Il y’a des vieux qui me lancent ‘’Petit, tu crois que c’est toi qui va régler le problème’’ ».
Sauf que le « chahuté », entré à la mi-temps, fait la différence. Un but qu’il arrive à se remémorer : « C’était une belle génération avec les Souleymane Sané, Louis Gomis, Victor Diagne. Sur l’action, il y’a une contre-attaque pour nous, je fais un une-deux en m’appuyant sur un coéquipier, je dribble le gardien et je marque. C’était une sensation incroyable ».
Un autre moment de bonheur, une performance de gala lors d’un Sénégal-Mozambique en qualif Can : « On avait souffert au match aller, Peter (Scnittgher) était même découragé à l’aéroport, mais avec mes coéquipiers, on l’a rassuré en lui disant qu’on allait gagner au retour. Lors de la manche retour, je provoque deux penalties et on gagne. C’est l’un de mes meilleurs matches en sélection ».
