Le Sénégal figure désormais en catégorie 7 dans la «Politique de financement export 2026 par pays», un classement qui traduit un niveau de risque élevé pour les partenaires financiers internationaux. Cette décision, à portée technique mais aux conséquences bien réelles, soulève des interrogations sur l’avenir du financement des grands projets dans un pays déjà confronté à une dette importante.
Selon le tableau officiel, le Sénégal est désormais «fermé aux acheteurs souverains» et soumis à une vigilance accrue pour les acheteurs non souverains. En clair, les dispositifs classiques d’assurance-crédit et de prêts directs soutenus par les mécanismes liés aux pays de l’Ocde ne sont plus accessibles dans les conditions habituelles. Cette classification signifie que les entreprises étrangères souhaitant financer des projets au Sénégal ne pourront plus bénéficier des garanties publiques standards. Résultat : les grands projets d’infrastructures, d’énergie ou de transport pourraient devenir plus difficiles à boucler financièrement.
Contrairement à certaines interprétations alarmistes, surtout du journaliste Madiambal Diagne, le Sénégal ne se voit pas exclu de toute coopération internationale. Les prêts concessionnels à taux préférentiels restent possibles, tout comme certains mécanismes d’appui au secteur privé. Cependant, cette catégorie 7 correspond au niveau de risque le plus élevé dans l’échelle d’évaluation. Elle reflète généralement des préoccupations liées à l’endettement, à la soutenabilité budgétaire et à la stabilité financière globale.
Dans ce contexte, le Sénégal devra davantage compter sur les financements des grandes institutions comme la Banque mondiale, la Banque africaine de développement ou encore le Fonds monétaire international. Ces partenaires peuvent continuer à soutenir le pays, mais souvent en contrepartie de réformes structurelles et d’engagements budgétaires stricts.
Au-delà de l’aspect technique, ce classement envoie un message aux marchés : le risque pays est jugé élevé. Pour un Etat en développement, cela peut entraîner un renchérissement du coût de l’emprunt, une réduction des investissements directs étrangers et une plus grande prudence des partenaires privés. Pour de nombreux analystes, cette situation constitue un signal d’alerte plutôt qu’une condamnation. Elle met en lumière la nécessité de renforcer la transparence budgétaire, d’améliorer la gestion de la dette et de restaurer la confiance des partenaires financiers.
Dans un contexte régional et mondial marqué par les tensions économiques, le défi pour le Sénégal sera de transformer cette contrainte en opportunité de réforme, afin de regagner progressivement une meilleure notation de risque et rouvrir l’accès aux mécanismes classiques de financement international.
L’enjeu est de taille : il en va de la capacité du pays à financer son développement tout en préservant sa stabilité économique.
