Avec un objectif de 658 milliards de F Cfa à mobiliser d’ici juin 2026, l’Etat du Sénégal mise sur un mix équilibré entre titres de court terme et obligations à longue maturité. Cette stratégie s’appuie sur des taux de rendement qui continuent d’attirer les investisseurs de la zone Umoa.

L’Union monétaire ouest-africaine (Umoa) s’apprête à mobiliser un total de 3075, 5 milliards de F Cfa sur le marché des titres publics au cours du deuxième trimestre 2026. Parmi les huit Etats membres, le Sénégal et la Côte d’Ivoire se distinguent comme les principaux animateurs de cette période, avec des objectifs de levée de fonds ambitieux. Evidem­ment, le marché de l’Umoa offre une souplesse que ne permettent pas toujours les financements extérieurs comme le Fmi à cause du gel de la coopération depuis deux ans, ou les marchés internationaux comme les Eurobonds vu la dégradation de la situation économique poussant le gouvernement à recourir au Trs, provoquant un tollé dans ce pays.

Pour ce deuxième trimestre 2026, l’Etat du Sénégal affiche ses ambitions avec un programme d’émissions global de 658 milliards de F Cfa. La stratégie sénégalaise repose sur une diversification de ses interventions, mêlant recherche de liquidités à court terme et financement de projets à plus longue échéance. Le calendrier se décline comme suit pour Dakar : en avril, il est prévu un démarrage fort avec 170 milliards de F Cfa portés par des Obligations assimilables du Trésor (Oat) de 3 et 5 ans, complétées par des Bons assimilables du Trésor (Bat) à court terme. En mai, c’est le pic d’activité du trimestre avec 250 milliards de F Cfa sollicités. A noter une émission importante le 8 mai comprenant des Oat de 3, 5 et 7 ans pour un montant de 175 milliards de F Cfa à elle seule. Alors qu’en juin, c’est une clôture de trimestre plus stable avec 238 milliards de F Cfa répartis sur les dates du 5, 19 et 22 Il faut noter que le Sénégal privilégie largement les Oat (448 milliards F Cfa) par rapport aux Bat (210 milliards F Cfa), confirmant une volonté de structurer sa dette sur les moyen et long termes.

Un marché régional dynamique
Le calendrier du Trésor sénégalais pour ce trimestre révèle une volonté de lisser les remboursements dans le temps. Dakar prévoit d’intervenir sur plusieurs segments de maturité : il y a le court terme avec le Bat d’une durée de 3 à 12 mois pour répondre aux besoins de trésorerie immédiats. Et les moyen et long termes (Oat) montrent que le pays sollicitera principalement des maturités de 3 et 5 ans. Plus ponctuellement, l’Etat s’orientera vers des titres à 7 ans (notamment le 8 mai pour 30 milliards de F Cfa) pour financer des investissements structurants. Bien que les taux finaux soient déterminés par les enchères au jour le jour, les récentes tendances de 2026 sur le marché sénégalais fournissent des indications précieuses pour les investisseurs : 6, 30% pour les Oat de 3 ans, 6, 45% pour 5 ans et 6, 60% pour 7 ans. Pour le Bat de 12 mois, le rendement moyen pondéré se situe entre 6, 80 et 6, 95%.
Au-delà du Sénégal, c’est l’ensemble de la zone qui reste sous tension positive. Le mois d’avril sera le plus chargé pour les investisseurs, avec un volume global de 1119, 09 milliards de F Cfa, suivi de près par juin (979 milliards) et mai (977, 41 milliards). Les titres de long terme (Oat) dominent largement le paysage avec 2025, 31 milliards de F Cfa contre 1050, 2 milliards pour les bons de court terme.

La Côte d’Ivoire, premier émetteur de la zone
Sans surprise, la Côte d’Ivoire domine le calendrier du T2 2026 en termes de volume global. Avec un objectif total de 980 milliards de F Cfa, soit près de 32% des émissions totales de l’Union, la locomotive économique de l’espace Umoa sollicitera le marché de manière quasi hebdomadaire.
Abidjan prévoit de lever 743 milliards de F Cfa en Oat (maturités allant jusqu’à 10 ans) et 237 milliards en Bat. Le mois de juin sera particulièrement intense pour le Trésor ivoirien, avec 320 milliards de F Cfa à mobiliser dont une sortie majeure le 16 juin pour 200 milliards de F Cfa sur des maturités diversifiées. La Côte d’Ivoire est l’un des rares pays à solliciter des maturités longues de 10 ans durant ce trimestre (notamment les 21 avril, 5 mai, 2 et 16 juin)…

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