J’anticipe mon bilan abrégé des deux trop longues années terribles du régime pastéfien.
Je le fais par conscience et par devoir citoyen, sans esprit de haine ou de nuisance.
Parce qu’il y va de l’intérêt du Sénégal.
Un certain Premier ministre, devant l’Assemblée nationale d’un pays réellement existant, le Sénégal, s’est proclamé gardien d’une révolution non réalisée.
Son subconscient, comme à son habitude, a libéré sa parole, pour éclairer encore qui il est, hors des apparences et maquillages.
Il est un Pm nommé, par un Président élu, dans une République debout.
Il parlait devant une Assem­blée nationale issue d’une élection régulière.
Dès lors, notre Pm, par son propos, à son corps défendant, refonde le concept de révolution.
Parce que toute révolution est une rupture d’un ordre constitutionnel préexistant. Et cette rupture n’a pas eu lieu.
La passation de service entre le pouvoir sortant et celui entrant a été organisé par celui-là !
Dès lors, notre Pm est en rupture totale avec la culture politique généralement admise dans le monde et, s’il a raison, il devrait figurer au Guinness.
Mais, s’il a tort, et il a tort, il faudrait interroger ses capacités cognitives et politiques, parce qu’il s’est autoproclamé le gardien d’une révolution mirage, inexistante.
Qu’un tel personnage préside non seulement la mise en œuvre de la politique nationale, mais s’octroie la liberté de la définir à la place du khalife, il y a là une usurpation de fonction manifeste et répétitive.
Car, comment expliquer la descente en quasi enfer du pays, qui voit passer du simple au double son taux d’endettement, à travers une parole trop lourde de conséquences, qui n’avait pas à être dite par son auteur ?
Je ne sais qui ou quoi devrait alerter notre très jeune père de la Nation, constitutionnellement installé à la tête de la République et qui a l’obligation et les moyens légaux de veiller sur la sauvegarde du navire Sénégal.
Je crois que nos différents services attitrés auprès du Président font avec compétence et loyauté leur devoir.
Si encore l’Etat a besoin de se muscler, c’est bien dans cette direction qu’il faudrait agir, au lieu de s’engager dans la création officielle de commissariats de police et de brigades de la pensée, pour «discipliner et formater l’intelligence de la jeunesse sénégalaise des universités».
Seules les dictatures installent ouvertement des centurions dans les universités, parce que le renseignement étatique est toujours présent dans tous les espaces de vie et rassemblement, a fortiori là où les esprits forgent d’autres es­prits.
L’annonce donc, sur ce point, est d’une nullité politique crasse. C’est un effet de manche et d’impuissance.
Notre Pm a décidé d’être un Mussolini sénégalais, mal tropicalisé, pour compenser son incapacité à dialoguer avec l’intelligence.
Un gourou ne dialogue pas, il instrumentalise.
S’il a un pouvoir réel de contrainte, il ne sait que commander et exiger.
Vous savez, nos sachants des neurosciences et autres spécialistes du cerveau ne nous aident pas toujours à protéger la société et les individus à faire suffisamment dans l’accompagnement de certaines formes de déviance de la personnalité.
Dans l’histoire, combien d’illuminés ont exercé une influence maléfique dans leurs sociétés !
La sécurité, quant à elle, tout en étant une organisation très puissante, hiérarchisée et disciplinée, s’appuie sur la science, le savoir, l’investigation permanente, l’observation, l’anticipation, la proactivité, avant la réactivité.
Les études historiques, sociologiques et psychologiques intéressent nos chargés de sécurité dont la mission centrale est la sauvegarde de la société, parce qu’au fond, ils administrent et même dirigent la société. C’est ce qui s’appelle la main invisible, l’œil invisible, l’oreille invisible…
L’Etat sera toujours présent tant que l’humanité n’aura pas trouvé par quoi le substituer.
C’est la direction politique de l’Etat qui change à travers les élections, les coups d’Etat ou les révolutions.
Et par conséquent, la réo­rientation des intérêts promus.
Notre Pm semble surmené, et il lui faudrait des vacances sabbatiques pour une remise à niveau.
Monsieur le président de la République,
Vous êtes seul responsable de ce que sera notre pays d’ici la prochaine élection présidentielle.
Les deux années qui s’achèvent dans une quarantaine de jours auraient pu être plus amplement productives, n’eût été la mégalomanie de notre Pm, qui s’est révélé incapable d’attendre cinq ans pour prendre votre place !
Vous en avez pris acte et vous l’avez dit de façon solennelle, non dénuée de subtilité : «Qu’il regarde mon fauteuil !» Et vlan pour le message ! Beaucoup mettent en garde les pays contre la malédiction du pétrole, et presque personne ne parle de la malédiction du fauteuil présidentiel.
Cette maladie, à son stade manifeste, est la raison du piétinement du Sénégal et de ses errances développementales.
Monsieur le président de la République
Vous serez à Thiès pour la célébration de l’entame de votre troisième année de mandat.
S’il vous plaît monsieur le président de la République, je vous le demande comme citoyen sénégalais, qui, au moins, a l’âge de votre père, ne le dites pas là, mais réfléchissez-y profondément, notre pays souffre de la honte de la dérive de ses héritages et de sa place dans le monde ; la présence des supporters de notre Equipe nationale de football, championne d’Afrique, encore en prison au Maroc, résume tout cela.
Notre pays a mal des enfermements pour raisons politiciennes, de l’envoi quasi mensuel des acteurs de la parole libre en prison.
Le pays de vos ancêtres, que vous dirigez, mérite mieux que son sort actuel.
Non par votre faute, mais par celle de celui qui s’annonce comme le gardien d’une révolution imaginaire, qui vous empêche d’essayer de réussir, parce que sa personne est plus importante que la République !
Votre cohabitation avec votre faux frère et vrai adversaire, pour dire le moins, a trop duré, et le pays paie un prix trop fort pour des considérations idéologiques et égotistes.
Vous déciderez ce que votre conscience du devoir vous dicte, le pays s’y adaptera bien ou mal, et le reste appartiendra à l’histoire.
Pour votre futur post-présidentiel, au bout de cinq ou dix ans, j’ai peur pour votre sécurité, parce que je n’ai pas oublié la tirade de celui qui disait que tous les anciens présidents de la République devraient être fusillés. L’oubli est le pire des malheurs pour un Peuple, il corrode la mémoire et affaiblit la vigilance.
Que Dieu veille sur vous, maintenant et plus tard.
Quant à moi, je suis trop vieux pour être envoyé en prison, la seule mésaventure qui me guette serait d’être assassiné sur commande explicite ou implicite.
L’insulte, quant à elle, est l’arme des incultes, des ignares et de ceux qui n’ont pas reçu une bonne éducation dans la famille.
Elle est une révélation de culpabilité familiale et sociale.
Elle révèle l’instabilité psy­chologique de l’insulteur, qui est malade, et ce faisant, il mé­rite la compassion et le pardon.
Samba Diouldé THIAM

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