Le tribunal des flagrants délits de Dakar a renvoyé, jeudi, une affaire impliquant huit jeunes interpellés dans un appartement à Ouakam, à la suite de nouveaux éléments jugés « compromettants » issus de l’exploitation de leurs téléphones portables.
Les faits remontent au 9 avril 2026, lorsque la Brigade de Recherches de Dakar a été saisie d’une dénonciation anonyme signalant des activités suspectes dans un immeuble du quartier. Sur place, au sixième étage d’un appartement meublé, les gendarmes découvrent six jeunes femmes et deux hommes, dont certains en état d’ébriété.
Au cours de la perquisition, plusieurs éléments ont été saisis, notamment une bouteille de protoxyde d’azote, communément appelé « gaz hilarant », des cartouches métalliques, des résidus de haschisch ainsi qu’un objet à caractère sexuel.
Placés en garde à vue, les mis en cause ont évoqué une simple rencontre entre amis. Plusieurs d’entre eux ont affirmé avoir été invités sans être informés de la nature des activités sur place. Certains ont également nié toute consommation de drogue.
Toutefois, les déclarations recueillies au cours de l’enquête présentent des contradictions. La locataire de l’appartement, identifiée comme F. D. Camara, a reconnu avoir participé à l’organisation de la rencontre et à l’acquisition du gaz, évoquant une initiative collective. Une version partiellement contestée par d’autres protagonistes, dont l’un des hommes impliqués, qui nie toute participation.
D’autres témoignages, en revanche, accablent plusieurs membres du groupe, affirmant que la majorité des personnes présentes aurait effectivement consommé le produit incriminé, à l’exception de deux jeunes femmes finalement mises hors de cause sur ce point.
Au-delà des faits de consommation et de détention de drogue, les enquêteurs se sont également penchés sur d’éventuels faits plus graves. L’exploitation technique des téléphones portables saisis a révélé de nouveaux éléments, dont la teneur n’a pas été rendue publique, mais jugée suffisamment importante pour justifier le renvoi du procès.
Les huit mis en cause, poursuivis notamment pour association de malfaiteurs, détention et usage de drogue, avaient été placés sous mandat de dépôt le 13 avril. Leur dossier devait être examiné en audience de flagrant délit, avant d’être finalement reporté à la demande du procureur de la République.
La prochaine audience est fixée au 22 avril, date à laquelle les résultats complets des analyses des téléphones devraient être présentés devant le tribunal.
