Les dirigeants français, britannique, allemand et italien ont salué ce vendredi la réouverture du détroit d’Ormuz annoncée par l’Iran, tout en appelant à sa pérennisation et en annonçant la préparation d’une mission multinationale « pacifique et défensive » pour sécuriser cette voie stratégique.

À l’issue d’une conférence internationale organisée à l’Élysée, Emmanuel Macron, Keir Starmer, Friedrich Merz et Giorgia Meloni ont affiché une position commune en faveur d’une « liberté totale de navigation », sans « aucun péage » ni restriction dans le détroit.

« Nous saluons l’annonce d’une réouverture décidée par l’Iran », a déclaré le président français, tout en insistant sur la nécessité d’un retour à la situation antérieure au déclenchement du conflit, le 28 février, avec un accès libre et sécurisé pour tous les navires commerciaux.

Le Premier ministre britannique a affirmé que « tous les pays ayant participé à la réunion soutiennent» cette mission multinationale « pacifique et défensive », soulignant la volonté commune de garantir une ouverture « durable » du détroit et de consolider le cessez-le-feu en cours.

Les dirigeants ont également rejeté « tout système de péage » ou toute forme de privatisation de cette voie maritime, insistant sur le respect du droit international de la mer, qui garantit la libre circulation dans les détroits internationaux.

Dans ce contexte, Paris et Londres ont annoncé une accélération de la planification d’une mission multinationale visant à « accompagner et sécuriser » le trafic maritime. Cette initiative, présentée comme distincte des actions des parties au conflit, doit rester strictement « défensive » et « non offensive », selon les autorités françaises.

Plusieurs pays ont d’ores et déjà exprimé leur volonté de contribuer à ce dispositif.

L’Italie s’est dite prête à déployer des unités navales, tandis que l’Allemagne envisage une participation, notamment dans des missions de déminage ou de surveillance maritime, sous réserve d’un cadre juridique et politique adéquat.

Le chancelier allemand Friedrich Merz affirme que l’incapacité à stabiliser la situation pourrait conduire à une « crise multidimensionnelle grave », soulignant que la sécurité du détroit concerne l’ensemble des économies européennes. Il a également appelé l’Iran à « mettre fin à son programme nucléaire, cesser ses attaques contre Israël et les États du Golfe, et garantir une réouverture durable du détroit d’Ormuz, sans restriction ni droit de passage ».

Les participants ont également insisté sur le lien entre la réouverture du détroit et les équilibres économiques mondiaux. Selon la cheffe du gouvernement italien, cette voie maritime est « fondamentale » pour les approvisionnements énergétiques et alimentaires, alors qu’environ 20 % des flux mondiaux d’hydrocarbures y transitent.

Cette conférence s’inscrit dans une initiative franco-britannique visant à fédérer une trentaine de pays autour d’une « troisième voie » diplomatique, distincte des actions militaires en cours, afin de sécuriser durablement le trafic dans le Golfe.

La réunion intervient dans un contexte marqué par un cessez-le-feu entre Israël et le Liban, ainsi qu’entre les États-Unis et l’Iran, et par une réouverture partielle du détroit d’Ormuz, après plusieurs semaines de tensions ayant perturbé le commerce maritime mondial.

Les discussions doivent se poursuivre la semaine prochaine à Londres pour préciser les modalités opérationnelles de la mission, alors que les équilibres sécuritaires dans la région restent fragiles et dépendants de l’évolution des négociations diplomatiques.

L’Iran annonce l’ouverture du détroit d’Ormuz

Le président des États-Unis, Donald Trump, a déclaré ce vendredi que l’Iran avait annoncé l’ouverture complète du détroit d’Ormuz à la navigation.

« L’Iran vient d’annoncer que le détroit d’Iran est entièrement ouvert et prêt pour un passage total. Merci », a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Ses propos interviennent peu après que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que le détroit d’Ormuz était « complètement ouvert » à tous les navires commerciaux, liant cette décision à un cessez-le-feu au Liban.

La décision a été prise « conformément au cessez-le-feu au Liban », a précisé Abbas Araghchi dans une déclaration publiée sur le réseau social américain X, propriété d’une entreprise américaine.

Par ailleurs, jeudi, le président américain a annoncé un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban.

Guerre au Moyen-Orient

Téhéran avait pris le contrôle de cette voie maritime stratégique peu après le lancement d’une guerre contre l’Iran par les États-Unis et Israël le 28 février, perturbant les approvisionnements énergétiques mondiaux ainsi que le trafic maritime.

De son côté, les États-Unis ont imposé leur propre blocus sur les ports iraniens depuis lundi de cette semaine.

Toutefois, les deux parties sont restées en contact par le biais d’une médiation menée par le Pakistan. L’annonce d’Abbas Araghchi intervient ainsi après que le chef de l’armée pakistanaise, le général Asim Munir, a rencontré au cours des deux derniers jours à Téhéran les plus hauts responsables civils et militaires iraniens.

Enfin, Islamabad a accueilli le week-end dernier des discussions entre Washington et Téhéran, après avoir obtenu un cessez-le-feu de 14 jours entre les États-Unis et l’Iran le 8 avril. Les efforts se poursuivent en vue de mettre fin au conflit.

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