Après le remaniement gouvernemental, tous les observateurs avertis s’attendaient au départ des alliés de Pastef. En fin de compte, ils sont tous restés dans le gouvernement. Cette position semble contradictoire. Ousmane Sonko est le chef de Pastef. Il est aussi le chef de la Coalition Apte. Par conséquent, le mot d’ordre de retrait du gouvernement doit valoir pour tous, militants comme alliés.
Le parti Pastef a tenu à sortir un communiqué mettant en garde ses ministres qui siégeraient au gouvernement. Et pourtant, rien n’a été dit concernant les alliés. Cela se comprend si on s’inscrit dans la logique de l’autonomie des partis, principe qui veut que chaque parti décide de ses alliances. L’incohérence apparaît lorsque ces partis ou ces leaders de parti restent dans le gouvernement malgré le désaccord de leur parti de rattachement. En français simple, aucun ministre, militant ou allié, ne doit participer au gouvernement sans l’accord de Pastef.
Force est de croire que les alliés bénéficient de l’onction du chef de la Coalition Apte. Connaissant ce dernier, avec toute sa verve et son sens polémique, il ne se gênerait point pour les critiquer et les renvoyer de la coalition. Si donc Cheikh Tidiane Dièye (qui a failli être président de la République), Guirassy et Déthié sont restés dans le gouvernement, nul doute qu’ils sont de connivence avec Sonko. Leurs portefeuilles étant jugés juteux, cela apparaît comme une sorte de (restez-y pour nous). Dans ce cas, ces alliés de Pastef ne sont rien d’autre que des taupes de Sonko. Et donc, des traîtres. Ils ne peuvent pas être de la Coalition Apte et siéger au gouvernement.
Le président Faye devrait exiger d’eux leur démission de l’Apte et leur intégration dans la Coalition Diomaye Président. Sinon, ces derniers auront manqué de loyauté, Sonko de courage, et lui, le Président, de vigilance. En politique, les choix sont clairs. Quand on n’est pas pour, on est forcément contre.
Papa Ibrahima SENGHOR
Membre Task Force
communication
Diomaye Président
