L’avenir des créanciers du Sénégal s’annonce incertain. Dans une note adressée à ses clients et relayée par Reuters le 16 juillet 2026, la banque d’investissement américaine Citigroup dresse un scénario préoccupant concernant les euro-obligations sénégalaises.

Selon les analystes de l’établissement financier, les détenteurs de ces titres de dette libellés en dollars et en euros pourraient ne récupérer qu’une partie de leurs investissements en cas de restructuration. Citigroup estime que le taux de recouvrement pourrait être inférieur à 50 % de la valeur nominale des obligations, un niveau qui serait même en dessous des cours actuels du marché.

La banque américaine considère qu’un éventuel réaménagement de la dette extérieure du Sénégal nécessiterait une décote importante, rendant de moins en moins probable une simple réorganisation sans réduction de la dette.

La pression monte autour des finances publiques

Alors que les autorités sénégalaises affirment ne pas envisager, pour le moment, une restructuration de la dette, Citigroup juge ce scénario de plus en plus probable, notamment en raison de la volonté du pays de préserver son programme avec le Fonds monétaire international (FMI).

L’institution financière souligne que le Sénégal fait face à un niveau d’endettement estimé à environ 130 % du produit intérieur brut (PIB), dans un contexte marqué par la suspension temporaire du programme avec le FMI.

Les récentes informations faisant état de la désignation de la banque Lazard comme conseiller financier de l’État ont également renforcé les interrogations sur une éventuelle opération de réaménagement de la dette.

Dans ce climat d’incertitude, les obligations internationales sénégalaises évoluent désormais à des niveaux qualifiés de « détresse », avec plusieurs échéances qui s’échangent autour de 52 à 58 cents pour un dollar ou un euro, selon Citigroup.

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