À moins de six mois des élections locales prévues en janvier 2027, plusieurs éléments alimentent les interrogations sur un éventuel décalage du scrutin. Dans un décryptage publié le 11 août 2026 par Mehdi Ba, Jeune Afrique repris par Seneplus , relève notamment une lecture contestée du Code électoral et la piste d’un couplage avec de possibles législatives anticipées. Deux pistes particulièrement polémiques mises en avant par l’entourage présidentiel.

La principale manœuvre identifiée est portée par Aminata « Mimi » Touré, présidente du Comité d’implantation du nouveau parti présidentiel Kiiraay. Elle s’appuie sur une clause dérogatoire des articles L.236 et L.269 du Code électoral, prévoyant qu’« il peut être fait exception » au calendrier électoral si « les circonstances l’exigent », tout en omettant, selon Jeune Afrique, la phrase suivante qui précise sans ambiguïté que « les élections ont lieu dans la cinquième année du mandat ». 

Mimi Touré affirme pourtant au magazine : « Cela veut dire exactement que la loi autorise le président de la République à prolonger le mandat des conseillers municipaux et départementaux du 23 janvier 2027 au 31 décembre 2027. » Une lecture que le journal qualfie de « tour de passe-passe », assimilant abusivement l’année civile 2027 à la cinquième année réelle du mandat des élus.

Deuxième piste relevée par Jeune Afrique : plusieurs médias sénégalais affirment que le président Faye aurait saisi confidentiellement le Conseil constitutionnel pour savoir s’il pouvait coupler les locales à d’éventuelles législatives anticipées, en cas de dissolution de l’Assemblée nationale, un droit qu’il ne recouvrera toutefois que le 2 décembre. 

L’article démontre que ce scénario est incompatible avec le calendrier légal, puisque même une dissolution immédiate ne permettrait pas d’organiser des législatives avant la date plafond du 17 janvier fixée pour les locales. JA souligne le problème de fond : fonder une dérogation sur un fait « purement hypothétique » et « à ce jour juridiquement inexistant ». Sollicité par le magazine, le porte-parole de la présidence, Abdoulaye Tine, n’a pas répondu.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicite