3,52 mètres enregistrés jeudi dernier, soit 3 centimètres de plus en 24 heures. À 1,48 mètre de la cote d’alerte fixée à 5 mètres, le niveau du fleuve Sénégal poursuit inexorablement sa progression à Podor.

Si la situation reste pour l’heure sous contrôle et nettement moins préoccupante qu’en 2025, la menace d’une nouvelle montée des eaux reste dans tous les esprits. Pluies dans le haut bassin, débits du Bafing, du Bakoye et de la Falémé : les prochains jours seront décisifs. À Podor, le niveau des eaux a atteint 3,52 mètres jeudi matin, enregistrant une hausse de 3 centimètres en seulement 24 heures. À 1,48 mètre de la cote d’alerte fixée à 5 mètres, la situation n’est pas encore alarmante. Mais elle est suffisamment évolutive pour imposer une surveillance rapprochée.

Le chiffre du jour est d’autant plus scruté que le fleuve a déjà montré, ces dernières années, sa capacité à monter rapidement et à mettre sous pression les populations installées dans les zones basses. Pour l’heure, toutefois, les indicateurs restent plus rassurants que l’année dernière. À la même période en 2025, le niveau enregistré à Podor était de 4,64 mètres, soit 1,12 mètre de plus qu’aujourd’hui. La véritable inconnue se trouve désormais dans l’évolution du haut bassin. Le niveau du fleuve à Podor dépendra fortement des pluies enregistrées en amont et des débits provenant notamment du Bafing, du Bakoye et de la Falémé.

Les chiffres enregistrés à Bakel et Matam constituent, à cet égard, des signaux particulièrement surveillés. À Bakel, le niveau est actuellement de 6,09 mètres, contre 9,38 mètres à la même période en 2025. À Matam, il se situe à 5,45 mètres, contre 8,19 mètres l’an dernier. Ces niveaux, nettement inférieurs à ceux de 2025, permettent de relativiser les craintes. Mais ils ne permettent pas de baisser la garde. Les pluies à venir, aussi bien dans le haut bassin que localement, peuvent encore modifier la trajectoire de la crue.

«Un système d’alerte précoce destiné à anticiper les risques de débordement»

Face à cette évolution, le suivi hydrologique est assuré quotidiennement par la Direction de la Gestion et de la Planification des Ressources en Eau (Dgpre) du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Selon Elimane Abdoul Fall, chef de la Division Hydrologie au ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, interrogé par L’OBS, la situation actuelle n’est pas alarmante, mais demeure évolutive. Le spécialiste insiste notamment sur la nécessité de surveiller les précipitations et les débits dans le haut bassin ainsi que les niveaux enregistrés à Bakel et Matam. Le dispositif de surveillance s’appuie notamment sur les stations hydrologiques et les stations automatiques, avec l’opérationnalisation progressive d’un système d’alerte précoce destiné à anticiper les risques de débordement.

Pour l’heure, Podor n’est donc pas en situation d’alerte. Mais le fleuve poursuit sa progression et le seuil de 5 mètres reste le point de référence. La prudence commande ainsi de ne pas attendre que l’eau atteigne la cote critique pour se préparer. Dans les zones riveraines, les prochains relevés seront scrutés avec attention. Car si la situation demeure, à ce stade, moins préoccupante qu’en 2025, la crue reste une équation ouverte, dont les pluies et les apports du haut bassin peuvent encore changer le cours.

Les populations riveraines sur le qui-vive

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicite