Lors des examens d’imagerie cardiaque, la réalité virtuelle peut être utilisée pour atténuer l’anxiété et lutter contre la claustrophobie chez les patients qui ont peur d’être enfermés.
Faire un scanner, ce n’est jamais une partie de plaisir. Mais pour les personnes anxieuses ou claustrophobes, rester allongé plusieurs minutes sur une table qui s’engouffre dans une machine en forme de tunnel peut vite devenir une véritable source d’angoisses. En raison des difficultés éprouvées pour mener à bien les scanners, elles font l’impasse sur les examens d’imagerie cardiaque importants, tels que la tomographie par émission de positons et la tomodensitométrie. Pourtant, une nouvelle étude, présentée lors du sommet de l’American College of Cardiology en 2026, montre qu’une simple immersion dans un univers virtuel pourrait changer la donne.
Anxiété, claustrophobie : 105 patients ont utilisé la réalité virtuelle durant des scanners
Dans le cadre de cette recherche, des scientifiques du réseau UCHealth Southern Region à Colorado Springs (États-Unis) ont voulu savoir si la réalité virtuelle, qui offre des expériences visuelles et auditives immersives, permet de détourner l’attention des patients de l’environnement du scanner et ainsi de lutter contre l’anxiété et la claustrophobie lors des examens. Pour cela, ils ont recruté 105 adultes ayant utilisé la réalité virtuelle durant des examens d’imagerie cardiaques (tomographie par émission de positons et tomodensitométrie) entre juillet 2025 et mars 2026. Les participants ont signalé eux-mêmes leur anxiété et/ou leur claustrophobie. À l’exception de quatre d’entre eux, tous les volontaires ont fait état d’un certain degré de claustrophobie.
Tous les patients ont été mis au courant du programme de réalité virtuelle grâce à des dépliants affichés dans le service. Ceux déclarant être claustrophobes, ne précédant pas d’antécédents de crises d’épilepsie et ne devant pas subir un examen impliquant le radiotraceur fluorodésoxyglucose (18F-FDG), se sont vus proposer l’utilisation d’un casque de réalité virtuelle pendant l’examen. Les quatre adultes n’ayant pas signalé de claustrophobie ont demandé à utiliser le dispositif après avoir appris son existence.
95 % des participants ont réussi terminer leur examen d’imagerie cardiaque grâce à la réalité virtuelle
Les résultats ont montré que 95 % des personnes ayant eu recours à une technique de distraction par réalité virtuelle durant un examen d’imagerie cardiaque ont pu rester dans la machine, sans bouger, et terminer le scanner prescrit. « Par ailleurs, 80 % des patients ont porté le casque de réalité virtuelle pendant toute la durée de l’examen d’imagerie, ce qui témoigne d’une excellente tolérance au dispositif », ont précisé les auteurs. Selon les données, plus de 75 % des participants ont fait état d’une expérience positive avec la réalité virtuelle. « L’inconfort physique le plus souvent signalé concernait l’ajustement du casque. Le problème technique le plus fréquent était un message d’erreur passager lié au Wi-Fi, mais ces interruptions ont été brèves et n’ont pas empêché la réalisation de l’examen. »
« Au début du projet, nous avons utilisé un casque de réalité virtuelle grand public, ce qui nous a permis d’explorer le concept et d’identifier des aspects pratiques liés au confort du patient, au choix du contenu, à la gestion du matériel et à son intégration dans le flux de travail du service d’imagerie. Ces premières expériences ont guidé notre transition vers un système de réalité virtuelle hospitalier spécifiquement conçu pour le milieu médical. Cette évolution démontre qu’une mise en œuvre réussie ne repose pas uniquement sur la technologie elle-même : elle nécessite d’adapter cette technologie à l’environnement clinique et de tirer des enseignements tant des patients que du personnel de première ligne », a expliqué Kaitlyn Amidon, infirmière qui a dirigé les travaux.
La réalité virtuelle, un outil pour apaiser les patients au-delà de l’imagerie
La praticienne indique que, face aux nombreux retours positifs et aux taux de réalisation des examens élevés, le programme de réalité virtuelle continue d’être proposée dans son service d’examens cardiaques non invasifs. « Son utilisation s’est également étendue au-delà de l’imagerie cardiaque. Le système est également mis à la disposition des patients subissant des échocardiographies et des épreuves d’effort nucléaires par caméra SPECT, bien qu’il soit moins fréquemment utilisé lors de ces interventions. Le personnel a également recours à la réalité virtuelle comme technique de distraction pour les patients éprouvant une forte aversion pour les piqûres lors de la pose d’une voie intraveineuse. (…) L’objectif était de proposer la réalité virtuelle comme un outil supplémentaire, non pharmacologique et centré sur le patient, lorsque l’anxiété, la claustrophobie ou la détresse liée à l’intervention risquent de faire obstacle aux soins », a conclu l’auteure principale de l’étude.
