Les jeunes filles ayant ajouté un complément de fibres solubles de maïs à leur alimentation ont développé une masse osseuse plus importante.
« On a tendance à associer l’ostéoporose aux grands-parents. Pourtant, une grande partie de ce qui arrivera à nos os plus tard se joue dès le plus jeune âge. C’est au début de l’adolescence, au moment de la puberté, que le corps constitue la majeure partie de la masse osseuse qui sera conservée tout au long de la vie. C’est pourquoi les enfants ont besoin d’un apport accru en calcium durant cette période. Plus la quantité de calcium accumulée durant l’enfance est importante, plus les réserves disponibles sont grandes pour faire face aux changements liés à la ménopause et au vieillissement », a expliqué Cristina Palacios, professeure et directrice du département de diététique et de nutrition au Robert Stempel College of Public Health & Social Work de la Florida International University (États-Unis).
Fibres prébiotiques : une meilleure absorption du calcium
Plusieurs preuves montrent que la supplémentation en fibres prébiotiques, qui nourrissent les « bonnes » bactéries intestinales, augmente l’absorption du calcium. Cependant, ses effets à long terme sur la masse osseuse chez les enfants et les adolescents restent mitigés, d’après la chercheuse. Ainsi, elle a décidé, avec son équipe, de déterminer l’impact d’une supplémentation en fibres de maïs solubles chez des adolescents. Concrètement, les auteurs ont recruté 213 jeunes, âgés de 9 à 14 ans, dont l’apport en calcium était insuffisant. Pendant un an, les participants ont conservé leur alimentation habituelle, tout en ajoutant, deux fois par jour, à celle-ci soit une poudre de fibres solubles de maïs, soit une poudre placebo. La masse osseuse a été mesurée par absorptiométrie à rayons X en double énergie (DXA) au début de l’intervention, puis à six et douze mois.
Seules les filles supplémentées ont davantage développé leur capital osseux
D’après les données, parues dans la revue The American Journal of Clinical Nutrition, la teneur en minéraux osseux (la quantité totale de minéraux, principalement du calcium, présente dans un os ou une région osseuse) a augmenté de 18,8 % chez les filles ayant consommé des fibres de maïs solubles, contre 12,9 % dans le groupe ayant reçu un placebo sur 12 mois. « Un écart de 6 points de pourcentage peut sembler minime, mais il s’agit d’un résultat significatif et cliniquement pertinent, obtenu simplement en ajoutant cette poudre à l’alimentation. Cette différence de 6 points de pourcentage pourrait, à terme, permettre d’éviter une fracture ostéoporotique bien plus tard, après la ménopause », a précisé Cristina Palacios. Des résultats similaires ont été observés concernant la densité minérale osseuse (la quantité de minéraux à la surface de la région osseuse mesurée) chez les filles.
Ces effets n’ont pas été observés chez les garçons. « L’une des explications possibles réside dans le fait qu’ils se trouvaient à un stade différent de la puberté et du développement squelettique. » Étant donné que les travaux n’étaient pas conçus pour comparer les résultats entre garçons et filles, les auteurs conseillent de confirmer ces observations par des recherches de plus grande envergure.
