Le président de la Convergence des Éleveurs pour l’Émergence du Sénégal (CEES), Aliou Demba Sow, dit Dembourou Sow, ancien député et ex-président du Conseil départemental de Ranérou, a comparu ce lundi devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Il était poursuivi pour escroquerie portant sur des deniers publics.

Déféré le 4 juin 2026 devant le parquet à la suite d’une enquête menée par la Division des investigations criminelles (DIC), il a été jugé libre.

L’affaire concerne un reliquat de 34 264 400 FCFA issu d’un financement accordé en 2021 par la Délégation générale à l’Entrepreneuriat rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ).

Un financement pour une opération Tabaski

Selon le chef de la Division contentieux de la DER/FJ, Massamba Dieng, Aliou Demba Sow avait sollicité un prêt de 50 millions FCFA en sa qualité de président de la CEES, pour financer une opération Tabaski. Le financement lui avait été accordé le 25 juin 2021, avec un remboursement prévu sur trois mois.

La convention prévoyait des versements mensuels de 16 360 600 FCFA. Toutefois, un seul remboursement aurait été effectué, laissant un reliquat de 34 264 400 FCFA malgré plusieurs relances et mises en demeure.

Une redistribution aux membres de la CEES

Entendu par les enquêteurs de la DIC, le prévenu a reconnu avoir bénéficié du financement et admis l’existence du reliquat. Il a toutefois soutenu que les fonds n’avaient pas été utilisés à des fins personnelles.

Selon sa version, l’intégralité du montant aurait été redistribuée à des membres de la CEES dans le cadre d’un programme d’appui aux éleveurs. Une liste de 24 bénéficiaires aurait été établie, chacun ayant reçu 2 millions FCFA, à l’exception d’un membre ayant perçu 5 millions FCFA.

Il affirme que ces bénéficiaires s’étaient engagés à rembourser les sommes dans un délai de six mois, mais que plusieurs d’entre eux ont refusé de s’exécuter, estimant qu’il s’agissait de fonds politiques.

Des zones d’ombre relevées par l’enquête

Les investigations de la DIC ont toutefois mis en évidence plusieurs incohérences. Sur les 24 bénéficiaires annoncés, seuls neuf ont pu être identifiés, et certains ont effectivement confirmé avoir reçu 2 millions FCFA.

D’autres, en revanche, sont restés injoignables ou n’ont pas été retrouvés. Les enquêteurs soulignent également que la liste complète des bénéficiaires n’a jamais été fournie.

Pour sa défense, Aliou Demba Sow a présenté des décharges et états de versement, affirmant avoir entrepris des démarches de recouvrement avec un huissier de justice, ce qui aurait permis de récupérer environ 16 millions FCFA reversés à la DER/FJ.

Procès et positions des parties

À la barre, il a reconnu les faits tout en assumant son rôle de président de la CEES, affirmant avoir redistribué les fonds aux membres de son organisation.

Le parquet a soutenu que le financement, destiné à une opération Tabaski, avait été détourné de son objet initial et requis une peine de six mois de prison, dont un mois ferme, assortie d’une amende de 500 000 FCFA.

La défense, assurée par Me Oumar Youm, a plaidé la relaxe, estimant qu’il s’agissait d’un simple litige de recouvrement de créance sans infraction pénale.

Verdict du tribunal

Au terme des débats, le tribunal a relaxé Aliou Demba Sow des faits d’escroquerie. Toutefois, le juge a retenu une faute civile sur le fondement de l’article 457.

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