Le dispositif tactique de Pape Thiaw a perturbé les plans de Didier Deschamps. Malheureusement, le mal récurrent des attaquants sénégalais a une nouvelle fois resurgi. Une inefficacité offensive qui a servi les intérêts de l’équipe de France

Le dispositif tactique de Pape Thiaw a également perturbé les plans de Didier Deschamps. Malheureusement, le mal récurrent des attaquants sénégalais a une nouvelle fois resurgi. Une inefficacité offensive qui a servi les intérêts de l’équipe de France. 

Notamment avec deux occasions vendangées par Ismalia Sarr et Nicolas Jackson même si l’attaquant du Bayern Munich a touché le poteau. Le Sénégal aurait dû donc rejoindre les vestiaires avec un score de 2-0, s’il avait exploité son temps fort. Hélas, il n’en fut rien ! Alors qu’on espérait une période aussi palpitante que la première, le spectacle a progressivement perdu de sa substance. 

Courts physiquement, les Lions baissent leur garde. Ils se recroquevillent sur eux mêmes et laissent entièrement l’initiative du jeu aux Bleus avec un Olise redéployé sur la droite. La défense sénégalaise s’affaisse et perd ses repères. Kalidou Koulibaly trop court physiquement à cause d’une absence des aires de jeu plus ou moins longue, Idrissa Gana Gueye, perd la tour de contrôle au milieu laissant Lamine Camara avalé plusieurs kilomètres jusqu’à perdre ses jambes, Krepin Diatta tout comme El Hadji Malick Diouf qui ont passé tout le temps à couvrir les errances de leurs collègues, finissent par s’essouffler et se feront déborder de route part. Tel un château de cartes, l’équipe s’effondre et finit par prendre (3-1). Un score qui fait aux champions d’Afrique qui a composté son ticket pour es Etats-Unis d’une très belle fort manière en imposant un respect sur tout le continent. 

Oser des changements qui s’imposent 

Le diagnostic est fait. L’équipe nationale a montré deux limites objectives. La première c’est le manque d’efficacité dont les attaquants ont encore fait montre. La deuxième c’est l’absence de la fraîcheur physique. Et subsidiairement, les changements un peu tardifs. 

Toutefois, ce n’est pas de moment de chercher des boucs émissaires en vouant aux gémonies des joueurs comme Kalidou Koulibaly, Idrissa Gana Gueye, Sadio Mané ou encore Pape Gueye. Les deux premiers ont déjà reconnu qu’ils ont été trop courts physiques, qu’ils ont même manqué de rythme. Ce qui n’était un secret pour personne. Ce qui étonne plus d’un c’est leur titularisation ou plutôt le temps de jeu dont ils ont eu droit sous une chaleur accablante face à une sélection française dont l’attaque est composée de joueurs frais et plus compétitifs. Après avoir tenu bon, difficilement, il était plus juste de procéder à leur changement.

 À défaut, procéder à un réajustement en envoyant au charbon par exemple Pathé Ciss comme sentinelle devant la défense. Mawade Wade avait fait une telle suggestion à Feu Bruno Metsu pour le déposition de Aliou Cissé devant l’axe central composé de Pape Malick Diop et Lamine Diatta. Mamadou Sarr aurait dû aussi apporter son calme, sa jeunesse et sa fraîcheur à la défense à la place devant Kalidou Koulibaly qui est resté deux mois sans fouler les pelouses. Le défenseur de Chelsea n’avait-il tenu devant plus de 68.000 spectateurs dans une ambiance électrique à Rabat lors de la finale de la coupe d’Afrique des nations (CAN) ? Une prestation XXL dont tout le monde se souviendra. Quid de Ibrahima Mbaye ? Titulaire ou remplaçant, le débat ne se pose pas. En revanche, l’attaquant du Paris-Saint Germain doit avoir plus de temps de jeu avec les Lions. Son entrée en matière à encore confirmé l’adage de Pierre Corneille: « aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années ». 

Idem pour Bara Sapoko Ndiaye, qui même s’il est difficile de lui donner les clés de la boutique, a montré des belles choses lors du match amical face aux États-Unis. Il aurait même chamboulé les plans de Pape Thiaw en passant de « réserviste a sélectionné ». Quant à la pointe de l’attaque, Nicolas Jackson pèse énormément sur la défense adversaire, participe au jeu défensif de l’équipe, mais sa qualité première devrait être de marquer des buts. Sur ce point, il traîne beaucoup de déchets, des lacunes à corriger pour garder sa place de titulaire. Idem pour Ismaila Sarr qui peine à faire taire les critiques en sélection. 

Il appartient donc à Pape Thiaw à prendre ses responsabilités, de faire les bons choix, d’avoir une excellente lecture des matches pour relancer sa machine. D’abord face aux Vikings de la Norvège qui trônent à la tête du groupe I, le 23 juin prochain; avant le déplacement à Toronto le 26 juin. La balle est dans le camp de Pape Thiaw, alias l’Ajusteur.

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