Des chercheurs américains ont développé une injection incitant les articulations vieillissantes ou endommagées à se réparer d’elles-mêmes en quelques semaines.

Douleurs, raideurs, gonflements, difficultés à bouger… L’arthrose, qui se caractérise par la dégénérescence du cartilage articulaire perdant en épaisseur, se fissurant et finissant par disparaître, a un fort retentissement sur la vie quotidienne des personnes touchées. À ce jour, il n’existe aucun traitement permettant de contrer son évolution. Les options se limitent soit à la gestion de la douleur, soit au remplacement de l’articulation par une prothèse.

Une seule injection a permis d’inverser l’arthrose chez les animaux en 4 à 8 semaines

Récemment, des scientifiques de l’université du Colorado à Boulder (États-Unis) ont trouvé un moyen de changer le destin des patients. Plus précisément, les chercheurs ont mis au point un système d’administration de particules injecté dans l’articulation. Ce système libère le médicament par intermittence sur une période de plusieurs mois. Pour les cas de lésions cartilagineuses ou osseuses importantes, l’équipe a également développé un cocktail de protéines synthétiques. « Celui-ci peut être injecté par arthroscopie et durci sur place, où il recrute les cellules progénitrices de l’organisme pour combler la brèche. »

Afin de tester ce traitement, les scientifiques ont mené des expériences sur des animaux souffrant d’arthrose ou de lésions articulaires. Après une seule injection, leurs articulations ont retrouvé un état sain en l’espace de quatre à huit semaines. « Dans les cas où des défauts osseux ou cartilagineux ont été comblés, on a observé une régénération et une réparation complètes de la lésion », peut-on lire dans un communiqué de l’université américaine.

Des tests préliminaires réalisés en laboratoire sur des cellules humaines, prélevées chez des patients devant subir une arthroplastie (remplacement articulaire), ont également donné des résultats encourageants en ce qui concerne la capacité de ce traitement à régénérer les tissus humains. « En deux ans, nous sommes passés d’une idée audacieuse à la mise au point de ces thérapies, pour finalement démontrer qu’elles permettent d’inverser l’arthrose chez l’animal », a déclaré Stephanie Bryant, professeure de génie chimique et biologique qui a participé à la conception de cette option thérapeutique.

Arthrose : « Notre objectif est de l’éradiquer complètement »

Pour l’heure, ces résultats n’ont pas encore été soumis à une évaluation par les pairs. Désormais, les auteurs vont passer à la deuxième phase de tests qui permettront de recueillir des données supplémentaires sur la sécurité et la toxicologie. « Notre objectif n’est pas seulement de traiter la douleur et de stopper la progression de la maladie, mais de l’éradiquer complètement », a souligné Stephanie Bryant qui estime que des essais cliniques pourraient débuter d’ici 18 mois seulement

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicite