Les entreprises du Sénégal vont devoir licencier si l’Etat du Sénégal ne paie pas la dette qui leur est due. Les propos sont de Baïdy Agne. Le président du Conseil national du patronat (Cnp) estime que les entreprises ont assez fait preuve de responsabilité et qu’il est temps de les payer, car leurs charges sont devenues insupportables., rapportent nos confrères du quotidien.

 En marge de la visite de travail effectuée hier mercredi par Mme Yolande Diaz, vice-présidente du gouvernement espagnol et ministre du Travail et de l’économie sociale, au siège du Conseil national du patronat (Cnp), le président de l’organisation patronale, Baïdy Agne, est revenu sur la question de la dette intérieure due par l’Etat aux entreprises.
Baïdy Agne affirme que la situation du secteur privé sénégalais reste préoccupante. «Il est évident que le secteur privé sénégalais souffre», a-t-il lancé, rappelant que plusieurs décisions avaient été annoncées en Conseil des ministres concernant le paiement de cette dette. Mais pour l’instant, ces annonces peinent à se traduire dans les faits. «Nous restons encore un peu sur notre faim et nous souhaitons que ces dernières déclarations soient suivies d’effets, c’est-à-dire payées», a-t-il ajouté.
Le patron des patrons a tenu à indiquer les catégories d’entreprises les plus touchées par cette dette. Selon lui, ce sont justement les membres du Cnp qui en souffrent le plus. «Celles qui souffrent le plus de la dette intérieure, ce sont les entreprises qui sont listées ici. Les majors du Btp sont ici, le secteur pétrolier est ici», a-t-il souligné, avant d’ajouter que sa fonction l’oblige à une certaine retenue dans le contexte actuel de discussions entre l’Etat et ses partenaires extérieurs. «Je me suis fait très discret sur ces questions, ce n’est pas mon rôle à moi de mettre de l’huile sur le feu», a-t-il confié.
Baïdy Agne a néanmoins insisté sur l’urgence d’un apurement rapide de la dette intérieure, qu’il juge prioritaire par rapport à la dette extérieure souvent évoquée dans le débat public. «Il faut d’abord régler le problème de la dette intérieure. La dette doit être apurée d’abord, c’est absolument fondamental», a-t-il martelé.
Le président du Cnp a également alerté sur les conséquences sociales d’un retard persistant dans les paiements. Sans trésorerie suffisante, les entreprises n’ont d’autre choix que de réduire leurs effectifs. «Si les entreprises ne sont pas payées, elles licencient», a-t-il averti, alors que les organisations de travailleurs évoquent déjà la perspective d’une grève générale. Déjà, plusieurs structures ont dû mettre la clé sous le paillasson, faute de pouvoir s’acquitter de leurs charges. Des chiffres plus ou moins crédibles parlent de plus de 30 000 licenciements dans les entreprises depuis avril 2024.
Face à cette situation, Baïdy Agne appelle l’Etat à accélérer ses discussions avec ses partenaires techniques et financiers, notamment le Fonds monétaire international, afin de retrouver une marge de manœuvre budgétaire. Il assure néanmoins la disposition du patronat à accompagner le gouvernement dans cette phase délicate, dans un esprit de solidarité nationale.
Ces déclarations interviennent alors que le Sénégal et l’Espagne ont réaffirmé, à l’occasion de cette rencontre au siège du Cnp, leur volonté de renforcer leur coopération économique dans plusieurs secteurs, notamment le tourisme, la pêche, le bâtiment et l’insertion professionnelle liée aux questions migratoires.

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