Grâce à l’intelligence artificielle, des chercheurs écossais ont découvert que les personnes qui ont de « bons » muscles, en particulier dans le dos et la poitrine, seraient moins à risque d’infarctus et de décès précoce.

Avoir des muscles solides ne servirait pas seulement à porter des charges ou à mieux vieillir. Une nouvelle étude publiée dans la revue Radiology montre que la qualité des muscles du dos et de la poitrine pourrait aussi être un indicateur précieux du risque d’infarctus et de décès prématuré. Une découverte qui pourrait enrichir l’analyse des examens cardiaques de routine.


Des muscles de meilleure qualité, un risque cardiaque plus faible

En Ecosse, des chercheurs de l’Université d’Édimbourg ont analysé, grâce à l’intelligence artificielle (IA), les scanners cardiaques de plus de 1.700 personnes âgées d’une cinquantaine d’années et ayant des douleurs thoraciques. Comme le rapportent les journaux britanniques The Guardian et The Herald, l’algorithme a évalué les muscles, les os, les organes et la graisse présents dans le haut du corps en moins d’une minute, là où un radiologue mettrait plusieurs heures. Les scientifiques se sont particulièrement intéressés à la densité musculaire : sur les images, un muscle plus dense apparaît plus clair, signe d’une moindre infiltration graisseuse et donc d’une meilleure qualité musculaire.

Et les résultats sont parlants : pour chaque augmentation de 10 points de la densité musculaire observée sur le scanner, le risque d’infarctus diminuait de 31 %, tandis que le risque de décès au cours des dix années suivantes baissait de 39 %. Cette association persistait même après prise en compte de l’âge, du sexe ou encore du taux de calcium dans les artères.

Autre enseignement important : ce n’est pas la taille des muscles qui compte, mais leur composition. Les chercheurs estiment que les personnes présentant des muscles plus denses sont probablement plus actives physiquement et adoptent un mode de vie globalement plus favorable à leur santé cardiovasculaire.

Un nouvel outil pour prévenir les maladies cardiovasculaires ?

La professeure Michelle Williams, principale autrice de l’étude, confie au Guardian : « Il est fascinant de constater que les muscles squelettiques pourraient être liés au risque d’infarctus. » Convaincue par ces résultats, elle explique avoir intégré davantage d’activité physique à son quotidien, notamment le vélo, les planches et le Pilates. Elle rappelle toutefois que « nous avons besoin de beaucoup plus de recherches pour comprendre comment l’exercice peut influencer la densité musculaire et comment cela se répercute sur la santé cardiovasculaire ».

Même prudence du côté du professeur Bryan Williams, directeur scientifique de la British Heart Foundation, cité par The Herald : « L’IA peut révéler très rapidement des informations enfouies dans les résultats des scanners, offrant une vision beaucoup plus détaillée de notre état de santé. »

À terme, ces données pourraient permettre d’identifier plus précocement les personnes les plus à risque afin de leur proposer un suivi renforcé, davantage d’activité physique ou des traitements préventifs.

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