Le président somalien Hassan Sheikh Mohamoud a déclaré ce jeudi constituait un moment historique pour son pays, avec la fin officielle de la Constitution provisoire.
Dans une allocution à la nation, Mohamoud a indiqué que la Somalie avait officiellement tourné la page de la Constitution de transition en vigueur depuis des décennies. « Avec l’achèvement de la Constitution nationale de la Somalie et la fin officielle de la Constitution provisoire en vigueur depuis longtemps, aujourd’hui est une journée historique. Cette journée sera rappelée comme celle où un tournant national longtemps attendu a été atteint. C’est une promesse faite et tenue », a-t-il déclaré.
Mohamoud a souligné que l’achèvement de la Constitution nationale supprimait un obstacle majeur à la stabilité politique, sécuritaire et économique du pays.
L’un des principaux dirigeants de l’opposition, Abdirahman Abdishakur Warsame, a toutefois estimé qu’une modification de la Constitution sans consensus constituait « non pas une réforme, mais un pari qui met en danger l’unité nationale et la stabilité ».
– Nouvelle Constitution
Le Parlement fédéral somalien a adopté mercredi la nouvelle Constitution à la majorité des voix.
Le texte comprend des dispositions étendues concernant le système de gouvernance et les fonctions publiques de haut niveau.
Selon ces dispositions, le président sera élu par le Parlement, tandis que les députés seront élus par le peuple. Le Premier ministre sera nommé par le président et pourra être démis de ses fonctions par le Parlement.
Une même personne ne pourra exercer la fonction présidentielle plus de deux fois et les candidats à la présidence devront être citoyens somaliens de naissance.
Par ailleurs, les personnes dont la mère est de nationalité étrangère ne pourront pas se porter candidates à la présidence.
Il est également interdit au président, au Premier ministre, au président du Parlement et au président de la Cour suprême de détenir une double nationalité. Toute personne élue ou nommée à ces fonctions devra renoncer à sa nationalité étrangère.
De même, ces hauts responsables de l’État ne pourront pas être mariés à des ressortissants étrangers.
La nouvelle Constitution introduit également une disposition importante concernant la structure fédérale. Les États fédérés ne pourront pas conclure seuls des accords avec des pays étrangers.
Le pouvoir de conclure des accords de coopération bilatérale avec des États étrangers appartiendra exclusivement au gouvernement fédéral.
L’âge de maturité religieuse est fixé à 15 ans et l’âge de responsabilité juridique à 18 ans. La durée officielle des mandats gouvernementaux, auparavant de quatre ans, est portée à cinq ans.
La nouvelle Constitution devrait entrer juridiquement en vigueur après sa signature par le président.
