Prétendre que c’est parce que Macky veut devenir Sg de l’Onu qu’il a traité les tentatives d’insurrection de 2021 à 2024 d’actes terroristes, ce n’est pas seulement un mensonge, c’est une bêtise énorme. Macky et son ministre de l’Intérieur ont très tôt qualifié ces actes de terroristes dès le début, et ce qu’il dit sur la justification de la répression de ce banditisme, il l’a toujours dit. La répression a d’ailleurs trouvé sa justification dans la nature terroriste de ces actes. C’est trop demander à certaines personnes d’arrêter de mentir, car quand on est le fruit du mensonge, on ne peut pas s’en départir du jour au lendemain. Or tout le storytelling de cette engeance est fondé sur un mensonge : «Dèm muma fa, xamu mako ; puis dèmm nafa…»
Ceux qui ont changé d’avis sont précisément ceux qui avaient juré que la loi portant amnistie serait rapportée et qui, à l’arrivée, nous proposèrent une loufoque loi interprétative. Comment peut-on épouser le mensonge à ce point ? Ce que Macky Sall a dit est cohérent et rentre en cohérence avec ce qu’il a fait et que j’ai dénoncé, et que je continue de dénoncer : l’amnistie. Il a clairement expliqué qu’il ne voulait pas laisser derrière lui un pays divisé et miné par la haine (on peut le croire ou non), mais c’est en parfaite intelligence avec ce qu’il a dit hier : «Si les gens veulent abolir la loi, ils n’ont qu’à le faire.» Je dirais plutôt que si les gens veulent réellement faire éclater la lumière, ils peuvent le faire, car les membres de l’engeance ont dit qu’il y a des crimes de sang et de la torture, choses qui ne sont pas couvertes par la loi portant amnistie : ne nous faites pas perdre du temps avec de si vils mensonges !
Les gens qui ont brûlé l’université, saccagé les biens publics et privés connaissent certainement ceux qui ont mis le feu à ce bus et qui ont tué deux jeunes filles. Les gens qu’on a vu tirer sur la porte d’un magasin privé pour le dévaliser savent manier les armes : qui nous dit qu’ils ne les ont pas utilisées pour commettre des crimes ? Mame Mactar Guèye de Jamra a dit qu’un médecin lui a dit que les balles retirées du corps de certaines victimes ne sont pas celles utilisées par les Forces de l’ordre. En quoi ces morts alléguées pourraient donc leur être imputées ? Il y avait des manifestants et les Forces de l’ordre : on alléguera que les protagonistes étaient peut-être infiltrés par des nervis, mais de quel parti sont-ils ? Pourquoi devrait-on croire, si l’existence d’une infiltration était prouvée, que ce sont des nervis du pouvoir et non ceux du parti qui avait ouvertement appelé à mettre la pression sur Macky Sall pour qu’il quitte le pouvoir ?
Je ne comprendrai jamais comment peut-on, pour défendre le vil et le crime, se déshumaniser au point de vouloir faire un déni permanent de la réalité. Je ne comprendrai jamais comment peut-on faire du mensonge un devoir envers un homme. Mentir pour prouver sa fidélité à un menteur, c’est le pire devoir qu’un homme puisse s’assigner.
Quand des hommes se déshumanisent au point de nier qu’un bus a été brûlé et que des enfants y ont perdu la vie, comment voulez-vous les convaincre que le bien est différent du mal ? Certains dénis de réalité relèvent du délire et du dévergondage. Ces gens se sont arrogé le droit de décréter ce qui est le droit, au point de justifier leur insurrection par une prétendue et farfelue «négation de la négation du droit», un sophisme de mauvais goût évidemment ! Pour eux, quand la loi leur est appliquée, quelle que soit l’étendue de leur crime, c’est une négation de leur droit, et que cette négation arbitraire de leur droit justifie qu’ils brûlent le pays pour annihiler l’annihilation de leur droit. Et des Sénégalais les ont suivis dans ce délire sophiste sans jamais examiner les faits. On a fait abstraction de la réalité pour juger en fonction des éléments de langage développés par une engeance dont le rapport au mensonge est ombilical.
Cette histoire d’amnistie et d’abrogation de l’amnistie est devenue une superstructure idéologique qui risque de nous détourner de la réalité. On ne peut pas, sous le prétexte de l’amnistie, imposer l’amnésie à tout un Peuple. Dès l’instant qu’il y a mort d’homme, torture et destruction de biens privés, la Justice peut travailler indépendamment de la loi d’amnistie. Il faut vider les contentieux judiciaires qui ont occasionné des crimes de sang. Ces gens nous mentent depuis toujours et continuent à nous mentir quotidiennement : ils sont capables de toutes les intrigues.
Si nous étions dans un pays sérieux, certains contentieux pendants en Justice seraient vidés et les crimes de sang jugés. Mais ce régime ne s’intéresse ni à la vérité ni à la justice ; ce qui intéresse ces gens, c’est le pouvoir. Quand un ami te ment une fois dans la vie, il ne faut plus lui faire confiance, parce qu’il peut passer toute sa vie à te mentir. Les mensonges depuis l’affaire Sweet Beauté sont toujours frais dans les mémoires comme un combat de lutte sans verdict «làmb ji fi amoon dàaw, verdict ba la ñuy xàar ba tay». L’imposture est une vieille femme bien maquillée, mais que le temps finit toujours par démaquiller. Gare donc au prétendant pressé.
Alassane K. KITANE
