Treize jours que l’Iran tient face à l’armada et à la puissance de feu israélo-américaine. Aucun secret, si ce n’est que la République islamique s’est préparée depuis belle lurette à l’éventualité de ce conflit inscrit dans la marche de l’histoire, tant la volonté hégémonique occidentale et les visées sionistes au Moyen-Orient relèvent d’un secret de Polichinelle.

Chaque fois que les Occidentaux attaquent un État, la perspective de lui faire perdre de nombreuses décennies afin d’en prendre l’avance en autant d’années fait partie des objectifs. Le désir de priver l’Iran de la bombe atomique, qualifiée d’« équilibre de la terreur », seule à même de dissuader la volonté de s’en prendre à qui l’on veut, est plus que manifeste. La Corée du Nord est laissée en « liberté » malgré un système aux antipodes de la vie et de l’exemple que l’Occident prétend inspirer au monde, parce qu’elle dispose de la bombe atomique. D’autres pays ont également acquis leur respectabilité par la possession de l’arme nucléaire. L’Iran était bel et bien engagé dans cette trajectoire afin de s’en doter, au regard du potentiel scientifique dont il dispose.
Loin d’être des va-t-en-guerre, nous pensons nécessaire et urgent d’en arriver à un monde bipolaire, voire multipolaire, pour un ordre international plus juste et plus respectueux du droit international.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Occident imprime sa vision au reste du monde. Sur sept milliards d’humains, les Occidentaux, Europe et Etats-Unis confondus, n’en représentent pas un milliard. Au Conseil de sécurité de l’ONU, institution piétinée et nécessairement à réformer, où sont prises des décisions qui conduisent à la destruction d’autres pays, un Etat comme l’Inde, qui compte 1,3 milliard d’habitants, n’y siège pas. Aucun pays africain n’y est représenté. Cela signifie que la majorité écrasante du monde vit sous la domination d’une minorité.

Dans ce contexte, souhaiter l’échec des Occidentaux n’est pas synonyme de soutien à l’Iran. Parce que partout où il n’y a qu’un seul plus fort, c’est la terreur qui règne. L’Occident a détruit l’Irak, la Syrie et la Libye, tuant Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi, et poussant Bachar al Assad à l’exil.

Il faut donc encourager la création et l’existence de contre-pouvoirs. Autrement, l’Occident ira, fort de sa puissance militaire, se ravitailler partout dans le monde au gré de ses intérêts et des richesses dont il a besoin.

L’arme nucléaire devient alors, dans cette logique, un droit absolu pour tout Etat soucieux d’assurer sa défense et sa protection. L’Iran n’a pas lésiné sur les moyens pour s’en doter, au regard du nombre d’ingénieurs qu’il forme chaque année. Ce pays en forme davantage que la France, avec 104.000, et l’Allemagne, avec 80.000, réunies, grâce à ses 234.000 ingénieurs annuels selon des chiffres de l’Unesco. Il se situerait ainsi derrière la Russie, avec 500.000, et les États-Unis, avec 250.000.

Ces dernières décennies, l’Iran s’est ainsi hissé au rang d’acteur majeur de la formation scientifique mondiale. Son expertise dans des domaines comme la technologie, la chimie ou la biologie est aujourd’hui exportée vers des entreprises du monde entier, faisant du pays l’un des leaders mondiaux de la formation scientifique.

Avec ce nombre impressionnant de scientifiques travaillant sur le programme nucléaire et au coeur du complexe militaro-industriel, il n’est pas étonnant que l’Iran donne du fil à retordre et parvienne à résister face aux alliés israélo-américains. L’Iran, avec ses drones, s’en prend à leurs intérêts dans la région. Ses ingénieurs renforcent les rangs des industries stratégiques du pays comme les missiles, les drones et le nucléaire, mais aussi la chimie, la biologie et la géologie.
Le pays a su mettre en place une politique scientifique dès le début du XXe siècle.

Le shah Reza Pahlavi, ayant compris que l’industrialisation exige des compétences techniques, entreprit de moderniser l’Iran dans les années 1920 et 1930. Les premières grandes écoles d’ingénieurs apparaissent alors avec l’objectif de doter le pays de spécialistes capables de construire des routes, des barrages et des raffineries, et d’exploiter les immenses ressources pétrolières.

L’enseignement scientifique devient l’un des piliers de la modernisation iranienne. L’université de Téhéran, fondée en 1934, et les écoles techniques créées dans les années 1950 et 1960 forment les premières générations d’ingénieurs. La révolution islamique de 1979 renforce la dynamique. Confrontée aux sanctions internationales et à l’isolement diplomatique, la République islamique comprend qu’elle doit développer ses propres technologies.

Dans les années 1990 et 2000, le système universitaire iranien connaît une expansion spectaculaire. Les universités techniques se multiplient dans tout le pays et des centaines de milliers d’étudiants s’orientent vers les filières scientifiques. La compétition académique devient féroce avec le Konkour, concours central du système éducatif qui détermine l’accès à l’université.

Cette compétition façonne une véritable culture de la performance scientifique.
Les universités iraniennes accueillent ainsi d’immenses cohortes d’étudiants en mathématiques, en informatique, en mécanique ou en ingénierie chimique. Le système iranien pourrait inspirer les Africains dans la construction de leur propre développement scientifique et technologique afin de faire face aux logiques hégémoniques.

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