Présent à la cérémonie officielle de la Ziarra générale en tant que représentant du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, le ministre de l’Intérieur, Bamba Cissé, a évoqué les répercussions des tensions internationales sur le marché de l’énergie. Il a notamment pointé les effets de la guerre au Moyen-Orient sur les prix des hydrocarbures, affirmant que « les prix ont augmenté presque partout », citant en exemple la France où une partie des stations-service serait affectée, ainsi que la Mauritanie, qui a récemment relevé ses tarifs.
Tout en saluant le maintien des prix à la pompe au Sénégal malgré la hausse du baril, qu’il présente comme un effort du gouvernement pour protéger le pouvoir d’achat, le ministre s’est interrogé sur la capacité de l’État à soutenir durablement cette politique sans appliquer la « vérité des prix ».
Une analyse que partage l’expert pétrolier Ibrahima Bachir Dramé, pour qui l’issue ne fait guère de doute. Selon lui, les autorités amorcent une stratégie de communication visant à préparer l’opinion publique à une hausse inévitable. « Il s’agit d’une phase de pédagogie classique en période de tension économique, destinée à éviter un choc brutal et à préserver la stabilité sociale », explique-t-il dans les colonnes de L’Observateur.
Pourtant, quelques mois plus tôt, le gouvernement avait annoncé une baisse des prix des carburants, avec un litre de super passant de 990 à 920 francs CFA, et celui du gasoil de 755 à 680 francs CFA. Une décision rapidement fragilisée par la flambée des cours internationaux, le prix du gasoil ayant fortement augmenté sur le marché mondial.
Afin de maintenir ces tarifs, l’État a recours à des subventions importantes. D’après L’Observateur, celles-ci peuvent atteindre jusqu’à 753 francs CFA par litre de gasoil. Un mécanisme jugé insoutenable sur le long terme par l’expert, qui estime que « compenser indéfiniment une hausse structurelle des prix internationaux n’est pas viable » et que l’ajustement des prix reste inévitable.
