Une personne sur dix serait touchée par l’apnée du sommeil. Ce syndrome est caractérisé par des fermetures du pharynx pendant la nuit, rappelle l’Inserm. Il peut avoir différentes conséquences sur l’organisme dont la fatigue, l’irritabilité, la baisse de vigilance ou encore les ronflements. Selon une étude, qui sera présentée lors du Congrès européen sur l’obésité à Istanbul en mai, la pathologie pourrait aussi augmenter le risque de décès. 

Apnée du sommeil : une augmentation du risque d’évènement cardiovasculaire et de décès 

Ces travaux, réalisés par des chercheurs britanniques, s’appuient sur les dossiers médicaux de 2,9 millions de personnes. Au total, 20.300 participants souffraient d’apnée obstructive du sommeil (AOS) : chacun d’eux a été apparié à cinq autres personnes, présentant les mêmes caractéristiques notamment sociales et médicales, mais non-atteintes d’AOS. Les patients ont été suivis pendant environ quatre ans. À l’issue de cette période, les scientifiques ont utilisé des outils statistiques pour calculer les probabilités, chez les personnes atteintes d’AOS, de subir un évènement cardiovasculaire ou de décéder, toutes causes confondues, en comparaison aux personnes non-atteintes d’AOS. Les auteurs ont constaté que le risque d’événements cardiovasculaires ou de mortalité toutes causes confondues était 71 % plus élevé chez les personnes atteintes d’AOS que chez les témoins appariés non-atteints d’AOS. 

« Dans les quatre ans suivant la date d’inclusion, 26,3 % des personnes atteintes d’AOS ont présenté un ECV ou sont décédées de toutes causes confondues, contre 17,5 % chez les témoins appariés, développent les auteurs. Parmi les personnes ne présentant pas déjà ces autres affections au moment de l’inclusion, celles atteintes d’apnée obstructive du sommeil (AOS) présentaient également des proportions plus élevées d’obésité (5,6 % contre 4,0 %), de diabète (6,8 % contre 4,6 %), d’arthrose (4,2 % contre 3,0 %), d’anxiété (5,2 % contre 3,2 %) et de dépression (4,7 % contre 3,0 %). »

Obésité : un facteur de risque d’apnée du sommeil 

Par ailleurs, ces spécialistes rappellent que la prévalence de l’obésité et du surpoids chez les personnes atteintes d’apnée obstructive du sommeil se situe entre 40 et 70 %. « Les personnes obèses sont plus susceptibles de présenter une AOS plus sévère que celles qui n’en sont pas atteintes », complètent-ils. Pour Heather Fitzke, co-auteure de l’étude et chercheuse à l’Imperial College Health Partners de Londres, ces résultats soulignent « la nécessité d’une prise en charge efficace de l’obésité et mettent en évidence l’importance d’un dépistage précoce et d’un diagnostic rapide »

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