Des scientifiques canadiens ont découvert une cause possible des lésions musculaires induites par les statines, des médicaments pris pour faire baisser le taux de cholestérol.

En cas d’hypercholestérolémie ou de dyslipidémie mixte, les patients peuvent se voir prescrire des médicaments hypolipémiants qui provoquent la baisse du cholestérol et/ou des triglycérides. Parmi les plus efficaces, on retrouve les statines. Problème : l’intolérance aux statines et leurs effets secondaires, tels que la myopathie de faible intensité (atteinte légère des muscles), limitent leur utilisation et la dose optimale pour une réduction du cholestérol. En effet, « les effets indésirables musculaires amènent certaines personnes à réduire leur dose ou à arrêter complètement le traitement. Nous voulions comprendre pourquoi cela se produit et s’il était possible de dissocier les effets secondaires des bienfaits thérapeutiques », ont déclaré des chercheurs de l’université McMaster (Canada).

Un mécanisme immunitaire et métabolique à l’origine des lésions musculaires liées aux statines

Dans une étude, l’équipe a donc développé des modèles de myopathie induite par les statines de faible intensité et observé que cette atteinte légère des muscles se produisait via l’inflammasome NLRP3 in vitro et chez les souris. Dans le détail, ces médicaments contre le cholestérol pourraient perturber la production d’énergie au sein des cellules musculaires, déclenchant ainsi une réponse immunitaire qui endommage le tissu musculaire. Selon les résultats des expériences menées sur des cellules musculaires et des souris, la mort des cellules musculaires induite par les statines et l’augmentation de la protéine Atrogin-1 (dont les taux sont augmentés par les traitements hypolipémiants) ont été prévenues par le blocage de NLRP3 ou la restauration des isoprénoïdes (des molécules produites dans la même voie métabolique que le cholestérol), mais pas du cholestérol. Les scientifiques ont également constaté que des modifications du métabolisme des cellules musculaires déclenchaient une réponse immunitaire au sein même de ces cellules.

Statines : vers des traitements qui préserveraient le cœur sans faire souffrir les muscles

« L’une des découvertes les plus prometteuses de cette recherche est que le mécanisme à l’origine des effets secondaires musculaires semble distinct de celui qui réduit le cholestérol. Cela suggère qu’il pourrait un jour être possible de cibler les effets secondaires sans compromettre les bienfaits cardiovasculaires qui rendent les statines si précieuses », a souligné Jonathan Schertzer, qui a dirigé les travaux parus dans la revue Science Advances, avant d’ajouter que des recherches supplémentaires sont nécessaires avant que ces résultats ne puissent déboucher sur des traitements pour les patients.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicite