Le pouvoir désigne la capacité d’influencer. L’autorité est fondée sur le droit d’influencer. Le pourvoir est coercitif, économique, légitime, charismatique ou fondé sur la compétence et l’expertise. Les trois premières formes renvoient à une position d’autorité. Les deux dernières asseyent l’autorité naturelle ou personnelle, et le leadership qui est la capacité qu’une personne a d’influencer un groupe de personnes. Le leadership est naturel car inné. On peut cependant l’incarner ; en faisant bien ce que l’on doit faire et non ce que l’on veut faire. Ce que l’on doit faire est dicté par la morale, la loi ou la religion : toutes choses qui fondent le rapport à autrui ou aux autres. L’autorité, ou simplement le droit d’influencer, est conférée par un acte administratif ou une règle de Droit.
La position d’autorité, qu’elle soit nominative ou élective, doit être superposable a l’autorité naturelle. Mais lorsque l’autorité statutaire dépasse l’autorité naturelle, alors on est en situation de déséquilibre psychologique. Ce déséquilibre se traduit par le complexe (d’infériorité et de supériorité) ou par la déchéance (morale et intellectuelle). Pour éviter ce déséquilibre, il est nécessaire de se connaître. «Connais-toi, toi-même et deviens qui tu es», nous enseigne Socrate. Se connaître, c’est avoir une conscience claire de ses propres ressources : intellectuelles, morales, physiques. Cela appelle la connaissance de la charpente de la personnalité : l’inné et l’acquis. Tout cela renvoie aux cinq dimensions suivantes de la personnalité : physique (le corps et les 5 sens), morale (le respect de l’autre et des autres), intellectuelle (la capacité d’écouter et d’observer), sociale (ouverture sur et aux autres), psychologique (équilibre entre le corps et l’esprit). Lorsque celui qui est nommé (directeur, ministre, chef…) ou élu (président de la République ou d’organisation quelconque, maire, délégué de quartier…) n’incarne pas ces dimensions, il devient un danger pour ceux qui l’ont mis là ou ceux pour qui il est mis là ; car la responsabilité ne se partage pas et que Montesquieu rappelle par ailleurs que le pouvoir est corrosif (il l’est particulièrement chez un badolo).
Au Sénégal, on assiste depuis quelque temps, sur le plan politique (conduite des affaires de l’Etat), à une situation de déchéance morale. Nous sommes revenus aux anciennes pratiques ; celles des complexés, des rentiers politiques, des opportunistes, des malhonnêtes… des petites gens. Heureusement que le Peuple et surtout la jeunesse ont une âme cornélienne et que «la voix (la voie également) du peuple est la voix de Dieu». (Vox populi, vox Dei). La seule constante, c’est le Peuple, et ce Peuple est derrière le parcours et le discours constants et vertueux ; celui de Pastef et de ses dirigeants. Tout citoyen qui ne comprend pas cela est atteint de cécité intellectuelle. Cette cécité est la fille de la méchanceté, de l’orgueil mal placé, du double complexe et de la double déchéance.
C’est dans une ascèse transcendantale en direction de Dieu que se libèrent la raison, l’intelligence, la morale, l’éthique… Les nominations échappent à Pastef, mais pas les élections. Le Peuple doit limiter la capacité de nuisance de ceux qui sont nommés en édictant ou en les rendant plus fortes, si elles existent déjà, des lois de contrôle, de suivi et d’évaluation de l’action de ces nommés. Vade retro satana.
Emmanuel KABOU
Ex-Officier de liaison Aiea
Ex-Directeur Cndst
Retraité de l’Esp-Ucad

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