Leader du Mouvement Jappo Yessal, Babacar Ndiogou est une nouvelle fois monté au créneau pour dénoncer la gestion de l’actuelle équipe municipale de Kaolack dirigée par le maire Serigne Mboup. Le candidat déclaré aux prochaines élections municipales prévues en 2027 est également revenu sur les origines de ses divergences avec la municipalité, tout en pointant du doigt les insuffisances en matière d’assainissement dans la ville, notamment en cette période d’hivernage.

Babacar Ndiogou, vous êtes le leader de la formation Jappo/Yessal. Depuis quelque temps, vos relations avec l’équipe municipale dirigée par le maire Serigne Mboup semblent marquées par des tensions. Qu’est-ce qui explique cette situation?


Notre mouvement citoyen est une entité dynamique qui crée des initiatives concrètes afin de contribuer au développement de la commune de Kaolack. De plus, nous intervenons régulièrement dans le débat public pour apporter nos idées et notre vision de la situation du pays, et particulièrement de la gestion de Kaolack. En tant que candidat déclaré à la mairie de Kaolack pour les prochaines élections locales, j’ai procédé à une analyse et à un diagnostic approfondi de la gestion et du bilan de l’équipe municipale actuelle. Récemment, lors de mon intervention sur les ondes de la radio Jafalafm, j’ai abordé de nombreux sujets touchant à la démarche, au bilan de fin de mandat de l’équipe municipale, ainsi qu’à certains projets et réalisations. Bien qu’il y ait des avancées dans quelques domaines, je considère que la gestion de Serigne Mboup à la tête de la mairie présente un bilan très contrasté, marqué par des insuffisances énormes au regard des potentialités et des ressources budgétaires de la commune. En réalité, ce bilan traduit un échec sur la méthodologie et sur la vision de départ. Mes commentaires et mes prises de position sur les réalisations du maire ont suscité des réactions vives de la part de ses proches. Après que j’ai affirmé que le bilan était médiocre,
l’une des adjointes au maire a totalement détourné mes propos de leur contexte. Elle a publié sur sa page que j’aurais qualifié le maire et son équipe municipale de « médiocres », ce qui est absolument faux. Le terme que j’ai utilisé qualifiait un résultat (un bilan) et non des personnes ou une équipe. Par ailleurs, j’ai dénoncé l’absence d’un Plan de développement communal (PDC) conforme et opérationnel, ce que les proches du maire contestent. C’est en réalité l’ensemble de ces vérités qui est à l’origine des agitations de certains de ses collaborateurs à mon encontre.

Vous avez récemment invité le maire Serigne Mboup à un débat public, après avoir remis en cause le Plan de développement communal. Quelles sont les motivations qui sous-tendent cette démarche et quels sont les points précis que vous souhaitez confronter avec l’édile de Kaolack ?


Absolument, j’ai invité Monsieur le Maire à un débat pour débattre de ses réalisations et des initiatives à entreprendre pour le développement économique et social de Kaolack. D’ailleurs, lui-même a fait appel à ses concurrents pour qu’on vienne débattre avec lui. Je suis le premier à lui exprimer ma disponibilité, quand il veut et où il veut. De surcroît, je l’ai invité à débattre avec moi sur le contenu du document élaboré par Performance Group intitulé « PLAN DE DÉVELOPPEMENT DE LA VILLE DE KAOLACK vision 2035 », présenté comme un document stratégique contenant des projets à mettre en œuvre. Je leur ai signalé
que ce document ne répondait pas aux critères d’un plan de développement communal, car certains projets qui y sont énumérés sortent carrément du domaine communal et sont en dehors des compétences et des capacités de la commune de Kaolack. En plus, la commune ne dispose pas des ressources nécessaires pour les réaliser. D’ailleurs, ils se se sont réunis le 25 mars 2025 en présence de l’Agence Régionale de Développement (ARD) de Kaolack, après trois ans de mandat, pour « la présentation et la validation des termes de référence pour l’accompagnement à l’élaboration du Plan de Développement Communal (PDC) ». Jusqu’à ce jour, aucun document consolidé et bien établi n’est disponible pour la commune, alors que c’est bientôt la fin du mandat. Notre commune n’est pas la seule; malheureusement, plusieurs communes du Sénégal ne disposent pas non plus d’un PDC. En effet, le fait de ne pas disposer d’un PDC réaliste répondant aux besoins et aux réalités de la commune de Kaolack se reflète dans une démarche qui est davantage axée sur l’improvisation que sur la planification. Sans planification méthodique, il est impossible de
réaliser des projets structurants et de mener des actions prioritaires avec un impact considérable pour le progrès des collectivités territoriales. C’est la raison pour laquelle la commune peine à sortir de l’immobilité et à offrir des perspectives d’avenir durables à ses citoyens.

L’hivernage s’est installé depuis plusieurs semaines à Kaolack et plusieurs quartiers font face à des difficultés liées aux inondations et aux conditions d’assainissement. Selon vous, quelles sont les causes de cette situation récurrente ? Quelles solutions Jappo/Yessal précise-t-il pour mettre définitivement fin à ce fléau dans la commune ?


De fait, la démographie de la commune de Kaolack a considérablement évolué ces dernières années. On constate une urbanisation galopante et la naissance de nouveaux quartiers périphériques, ainsi que des zones dépourvues de lotissements. En outre,
l’infrastructure d’assainissement de Kaolack n’est plus en mesure d’apporter une réponse à la situation actuelle de la ville. Le réseau de canalisation est vétuste et insuffisant. Le réseau de l’ONASE pour l’évacuation des eaux usées ne couvre pas toute la commune et le nombre de foyers branchés à ce réseau est encore insuffisant. En somme, Kaolack souffre d’un manque criard d’un dispositif d’assainissement adéquat, en mesure d’évacuer aussi bien l’eau de pluie que celle qui provient des foyers. Je considère que la commune de Kaolack a besoin d’un plan pluriannuel pour la restauration et la construction d’un système d’assainissement durable afin de lutter contre les inondations et l’insalubrité causées par les eaux usées.

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