La Cellule stratégique des cadres du mouvement Gueum Sa Bopp Les-Jambaar a tenu ce lundi 10 août 2026, une conférence de presse consacrée à l’actualité politique et économique nationale. Face aux journalistes, Moussa Niang, membre de la Cellule stratégique des cadres, a dressé un bilan particulièrement critique de la situation du pays, dénonçant la vie chère, le chômage, les difficultés des entreprises et ce qu’il considère comme des insuffisances dans la gouvernance actuelle. Le mouvement a également formulé plusieurs propositions allant de la réforme des institutions à la relance de l’économie et à l’emploi des jeunes.
Prenant la parole au nom de la Cellule stratégique des cadres de Gueum Sa Bopp Les-Jambaar, Moussa Niang a d’abord rappelé l’« immense espérance » suscitée par l’alternance politique. Selon lui, les Sénégalais attendaient une rupture dans les méthodes de gouvernance, une amélioration du pouvoir d’achat, davantage de justice sociale et un État exemplaire.
Mais, plus de deux ans après l’alternance, le responsable politique estime que les attentes restent largement insatisfaites.
« Le quotidien des Sénégalais reste marqué par la vie chère, le chômage, les difficultés des entreprises, l’essoufflement de l’investissement, la précarité des ménages et l’inquiétude des jeunes », a-t-il déclaré, estimant que le président Bassirou Diomaye Faye, son gouvernement et la majorité qui les soutient disposent désormais de « tous les leviers de l’État » et doivent, à ce titre, assumer la responsabilité politique des résultats.
« Les Sénégalais n’attendent plus des explications, mais des solutions »
Pour Gueum Sa Bopp Les-Jambaar, l’heure n’est plus aux discours, mais à l’action. Moussa Niang a évoqué les difficultés rencontrées par les familles, les jeunes, les agriculteurs, les pêcheurs, les commerçants, les artisans et les entrepreneurs.
Le mouvement revendique ainsi une opposition qu’il qualifie de « responsable », fondée sur la défense de l’intérêt national, la transparence, la reddition des comptes et la formulation de propositions concrètes.
Parmi les premières mesures avancées figure la suppression des fonds politiques et des fonds spéciaux, jugés insuffisamment soumis au contrôle public. Le mouvement demande également le renforcement des mécanismes de contrôle des finances publiques ainsi qu’une plus grande transparence concernant les déclarations de patrimoine des responsables publics.
Inondations à Touba : le gouvernement interpellé
La situation des inondations à Touba a également été évoquée. Moussa Niang y voit « une preuve palpable de l’échec de la politique de prévention » et estime que lorsque la gestion publique met les populations en danger, « la responsabilité doit être assumée ».
Sur les dossiers financiers faisant l’objet de débats dans l’espace public, le mouvement appelle par ailleurs les institutions compétentes à apporter des réponses claires, tout en insistant sur le respect de l’État de droit et de la présomption d’innocence.
« La transparence ne peut être un principe à géométrie variable », a martelé le responsable de Gueum Sa Bopp Les-Jambaar.
Une « assise nationale » pour relancer l’économie
Face au ralentissement économique, le mouvement propose la tenue d’une assise nationale pour la relance de l’économie. Celle-ci réunirait, selon ses propositions, les partenaires sociaux, les entreprises, les collectivités territoriales, les universitaires, les organisations professionnelles, les producteurs, les jeunes ainsi que les forces politiques.
L’objectif serait d’aboutir à un « pacte national » destiné notamment à soutenir les PME, restaurer la confiance des investisseurs, protéger le pouvoir d’achat, renforcer la production nationale, maîtriser les finances publiques et créer des emplois durables.
Pour Moussa Niang, le développement du Sénégal ne peut reposer sur « les slogans ni les effets d’annonce », mais doit s’appuyer sur « le travail, la production et la confiance ».
Emploi des jeunes et souveraineté alimentaire
La question de la jeunesse occupe également une place centrale dans les propositions formulées lors de cette conférence de presse.
Gueum Sa Bopp Les-Jambaar réclame la mise en place d’un plan national d’urgence pour l’emploi des jeunes, articulé autour de l’apprentissage, de la formation qualifiante, de l’entrepreneuriat, de l’accès aux financements et du développement des activités productives.
Le mouvement plaide aussi pour une réforme ambitieuse de l’agriculture. Celle-ci devrait, selon lui, permettre de moderniser les filières, faciliter l’accès aux intrants, développer l’irrigation, soutenir la transformation locale et accélérer la marche vers la souveraineté alimentaire.
Réformer l’administration et renforcer le Parlement
La modernisation de l’État constitue un autre axe majeur des propositions. Le mouvement préconise notamment un audit de la fonction publique, une lutte contre les emplois fictifs et une meilleure adéquation entre les profils des agents et les besoins de l’administration.
Gueum Sa Bopp Les-Jambaar souhaite également généraliser la gestion axée sur les résultats.
Sur le fonctionnement du Parlement, Moussa Niang a proposé l’instauration progressive d’un niveau minimal de qualification pour les candidats aux élections législatives, évoquant notamment le BFEM ou un diplôme équivalent, avec une évolution progressive vers le baccalauréat ou un diplôme équivalent. Il propose également une formation continue des parlementaires en finances publiques et en contrôle de l’action gouvernementale.
Le cas Ousmane Sonko au cœur des interrogations
La situation d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale a également occupé une place importante dans le discours.
Moussa Niang s’est interrogé sur le recours à l’article 54 de la Constitution pour permettre le retour du président du parti Pastef à l’Assemblée nationale, alors que, selon lui, plusieurs dispositions du Code électoral encadrent déjà les incompatibilités et leurs conséquences.
« Y a-t-il une manœuvre concertée avec l’opposition pour lui ouvrir la porte de retour ? », s’est-il interrogé, réclamant la transparence sur les actes pris, les éventuels avis juridiques et les responsabilités engagées.
Le responsable de Gueum Sa Bopp Les-Jambaar a insisté sur le principe selon lequel « la loi n’est pas un costume taillé sur mesure pour Ousmane Sonko », ajoutant que « l’Assemblée nationale n’appartient qu’au peuple sénégalais, pas à un homme ».
Appel à une concertation pour construire une alternative
Au-delà des critiques adressées au pouvoir, la Cellule stratégique des cadres de Gueum Sa Bopp Les-Jambaar appelle à la construction d’une alternative politique.
Le mouvement invite les forces de l’opposition démocratique, les mouvements citoyens, les organisations syndicales, les acteurs économiques et les différentes forces vives de la nation à mettre en place un cadre permanent de concertation.
Cette démarche devrait, selon Moussa Niang, permettre de bâtir une alternative fondée sur « la compétence, l’éthique et le sens de l’intérêt général ».
En conclusion, Gueum Sa Bopp Les-Jambaar estime que le Sénégal a besoin d’un État plus exemplaire, d’une économie productive, d’institutions respectées et de dirigeants davantage soumis à l’obligation de rendre compte.
« Le peuple sénégalais mérite des résultats à la hauteur des promesses qui lui ont été faites », a conclu Moussa Niang, appelant les Sénégalais à refuser la résignation et à participer à la construction d’une nouvelle alternative politique.
