L’inflation demeure officiellement contenue à 0,3 % sur un an en juillet 2026 au Sénégal. Mais derrière cette évolution modérée se cache une réalité beaucoup plus contrastée. Selon la dernière note de l’Indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) publiée par l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), les prix ont progressé de 1 % en un mois, principalement sous l’effet de la hausse des produits alimentaires frais.

L’indice général des prix s’est établi à 102,6 points en juillet 2026, contre 101,6 points en juin, soit une progression mensuelle de 1 %. Sur les trois derniers mois, la hausse atteint 1,2 %. En comparaison avec juillet 2025, où l’indice s’établissait à 102,3 points, l’inflation annuelle reste toutefois limitée à 0,3 %.

Ce contraste entre la stabilité apparente sur un an et la hausse enregistrée en juillet s’explique en grande partie par l’évolution des prix des produits alimentaires.

Forte pression sur les produits alimentaires

La division « produits alimentaires et boissons non alcoolisées » a enregistré une hausse de 2,1 % en juillet. Sur un an, elle reste cependant en recul de 0,4 %. Les seuls produits alimentaires progressent de 2,3 % sur un mois, tout en demeurant 0,6 % moins chers qu’en juillet 2025.

Les légumes concentrent l’essentiel de la pression. Les prix des légumes-fruits frais ont bondi de 26,2 %, tandis que ceux des légumineuses vertes progressent de 21,9 %. Les tubercules augmentent de 5,4 % et les légumes à feuilles de 3,2 %.

Selon l’ANSD, cette évolution s’explique notamment par la baisse de l’offre liée à la fin de la période maraîchère.

La tension est également perceptible dans l’évolution des produits frais pris dans leur ensemble. Leur indice a progressé de 2,6 % sur un mois et de 4,8 % sur trois mois.

L’oignon et la pomme de terre particulièrement touchés

Les relevés effectués dans les marchés régionaux illustrent concrètement cette hausse.

Le prix moyen de l’oignon local a augmenté entre juin et juillet dans l’ensemble des régions couvertes par le tableau de l’ANSD. À Saint-Louis, le kilogramme est passé de 326 à 397 FCFA, tandis qu’à Diourbel, il est passé de 288 à 346 FCFA.

La progression est encore plus marquée pour l’oignon importé dans certaines zones. À Diourbel, son prix moyen est passé de 320 à 433 FCFA le kilogramme. À Saint-Louis, il a bondi de 596 à 793 FCFA.

La pomme de terre connaît également une forte augmentation. À Diourbel, son prix moyen passe de 366 à 510 FCFA le kilogramme, tandis qu’à Thiès, il progresse de 520 à 656 FCFA.

Diourbel enregistre la plus forte hausse mensuelle

Les disparités régionales sont également importantes. Diourbel affiche la progression mensuelle la plus élevée, avec +1,7 %, devant Kaolack (+1,4 %), Dakar (+1 %), Saint-Louis (+0,7 %), Thiès (+0,6 %) et Kolda (+0,2 %).

Sur une année, le classement est différent. Dakar enregistre une hausse de 1,18 %, suivie de Saint-Louis (+0,82 %) et de Kolda (+0,80 %). À l’inverse, les prix restent inférieurs à leur niveau de juillet 2025 à Thiès (-0,50 %), Diourbel (-0,58 %) et Kaolack (-1,15 %).

Les produits locaux davantage sous pression

Autre enseignement de la note de l’ANSD : la hausse observée en juillet est principalement portée par les produits locaux.

Ces derniers ont augmenté de 1,2 % en un mois, contre seulement 0,1 % pour les produits importés. Sur un an, les produits locaux affichent une progression de 0,7 %, tandis que les produits importés reculent de 1 %.

Les biens non durables, qui regroupent notamment de nombreux produits de consommation courante, ont également enregistré une hausse de 1,6 % en juillet. Une progression nettement supérieure à celle des biens durables (+0,2 %) et des services (+0,1 %).

Certaines dépenses augmentent fortement sur un an

Si l’inflation globale reste faible, certaines catégories affichent néanmoins des hausses annuelles significatives. Les restaurants et services d’hébergement progressent de 2,2 %, la santé de 1,8 %, tandis que les vêtements et chaussures augmentent de 1,2 %.

Les soins personnels et autres biens enregistrent une hausse de 2,9 %.

La progression la plus spectaculaire concerne toutefois le tabac, dont les prix augmentent de 20,6 % sur un an. Dans son ensemble, la catégorie « boissons alcoolisées, tabac et stupéfiants » affiche une hausse de 11,8 %.

L’énergie contribue à contenir l’inflation

À l’inverse, l’évolution des prix de l’énergie contribue à modérer l’inflation. Son indice recule de 0,5 % sur un mois et de 3,3 % sur un an.

Le poste « logement, eau, électricité, gaz et autres combustibles » diminue pour sa part de 0,3 % en juillet et de 0,8 % sur un an.

L’inflation sous-jacente, qui exclut notamment l’énergie et les produits frais, demeure également contenue, avec une progression de 0,3 % sur un mois et de 0,5 % sur un an.

Une inflation maîtrisée en apparence, mais une pression réelle sur le panier alimentaire

Les chiffres de l’ANSD ne traduisent donc pas une flambée généralisée des prix au Sénégal en juillet 2026. Ils révèlent plutôt une hausse ponctuelle, concentrée principalement sur les produits alimentaires frais, avec des écarts parfois importants selon les régions.

Le taux d’inflation annuel de 0,3 % indique que le niveau général des prix reste relativement proche de celui observé en juillet 2025. Mais pour les ménages qui effectuent quotidiennement leurs achats de légumes, d’oignons, de pommes de terre, de poisson ou de viande, l’évolution mensuelle constitue un indicateur particulièrement parlant.

Sur ce terrain, juillet 2026 aura surtout été marqué par une pression accrue sur le panier alimentaire, malgré une inflation globale qui demeure officiellement maîtrisée.

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