Entendu sur les faits, Kevin T. reconnaît la matérialité de son action criminelle, précisant avoir tiré en rafale. Il reconnaît également la préméditation
Le suspect de l’attentat raciste commis à Trappes, dans les Yvelines, le 23 octobre 2026, a reconnu avoir prémédité son action et ciblé spécifiquement des personnes qu’il considérait comme étant « de type musulman ou africain, nord-africain », a annoncé le procureur de la République antiterroriste, Olivier Christen, lors d’une prise de parole au tribunal judiciaire de Paris. Kevin T. reconnaît la matérialité des faits, mais conteste toute intention terroriste et affirme ne ressentir aucun regret.
Entendu sur les faits, Kevin T. reconnaît la matérialité de son action criminelle, précisant avoir tiré en rafale. Il reconnaît également la préméditation.
Il admet avoir spécifiquement ciblé des personnes, selon ses termes, « de type musulman ou africain, nord-africain », et avoir choisi Trappes parce que, selon lui, « Trappes est un repaire d’islamistes ».
Le suspect conteste en revanche toute intention terroriste et considère son action comme légitime. S’il affirme ne pas avoir voulu tuer des enfants, indiquant avoir pu se méprendre sur l’âge de la victime de 11 ans au regard de sa taille, il déclare toutefois n’éprouver aucun regret.
Selon Olivier Christen, les déclarations du suspect et les investigations menées dans le cadre de l’enquête de flagrance ont permis de mettre en évidence la préparation de l’action criminelle.
Les enquêteurs ont notamment établi que Kevin T. avait commencé à acquérir, dès le 3 septembre 2026, plusieurs éléments destinés à renforcer l’efficacité tactique de son pistolet-mitrailleur Sten. Un brassard de police et des menottes ont également été découverts au cours des investigations.
Des éléments attestant d’une préparation en amont
La perquisition menée au domicile du suspect a permis de découvrir plusieurs armes ou éléments d’armes, dont un chargeur, deux poings américains, une baïonnette en acier et un silencieux. Les enquêteurs ont également retrouvé des autocollants portant des inscriptions nationalistes et des messages de soutien aux forces de l’ordre.
Parmi les objets saisis figuraient 30 autocollants portant la mention « Vive la France RN fier d’être français », 99 affichant « 100 % français vive la France » et 98 avec l’inscription « soutien aux forces de l’ordre ». Le procureur a précisé que ces autocollants étaient « apocryphes », c’est-à-dire qu’ils n’étaient pas authentiques.
La perquisition avait également permis de découvrir plusieurs ouvrages, dont un Coran, une Bible et Mein Kampf, ainsi que des éléments déjà évoqués par le parquet concernant le piégeage de l’appartement du suspect.
Les investigations ont par ailleurs révélé plusieurs actes accomplis dans les jours précédant l’attaque. Kevin T. avait notamment supprimé l’ensemble de ses comptes sur les réseaux sociaux le 21 octobre, deux jours avant les faits, préparé ses affaires personnelles, remboursé des dettes familiales et revendu son ordinateur portable.
Un parcours marqué par des problèmes psychologiques et une consommation de stupéfiants
Au cours de six auditions menées par les enquêteurs de la SDAT, avec l’assistance systématique d’un avocat, Kevin T. a indiqué être célibataire et travailler à temps plein dans le cadre d’un contrat à durée indéterminée depuis cinq ans. Il a également déclaré n’être ni adhérent ni sympathisant d’un parti politique.
Interrogé sur des photographies datant de février 2018, notamment sur le site France Palestine, ainsi que sur des réunions du mouvement Stop Pub auxquelles il apparaissait, le suspect s’est reconnu sur les images. Il a déclaré avoir, à une période de sa vie, « infiltré les gauchistes ».
Concernant son état de santé, Kevin T. a fait état de difficultés psychologiques et psychiatriques ainsi que d’une consommation importante de stupéfiants depuis l’âge de 13 ans. Ces éléments ont été confirmés par des membres de son entourage familial et amical.
Le suspect avait également connu un épisode d’hospitalisation en psychiatrie vers l’âge de 25 ans et suivait depuis un traitement médical. Il a affirmé être suivi par un médecin et ne pas avoir interrompu son traitement au moment des faits.
Les premières analyses toxicologiques ont révélé la présence de cocaïne et de cannabis dans son organisme, ainsi que de plusieurs molécules compatibles avec la prise de médicaments antipsychotiques et antidépresseurs prescrits sur une ordonnance retrouvée à son domicile.
Le diagnostic de schizophrénie contesté par l’examen psychiatrique
L’examen psychiatrique réalisé par le médecin de l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris n’a pas relevé de signes cliniques d’une pathologie psychiatrique décompensée justifiant une hospitalisation sous contrainte.
Selon le procureur Olivier Christen, le médecin a notamment qualifié de « légère » la posologie du médicament antipsychotique pris quotidiennement par le suspect.
Le magistrat a rapporté la conclusion du médecin concernant le diagnostic de schizophrénie évoqué par Kevin T. : « Le diagnostic de schizophrénie allégué par Kevin T. était davantage une interprétation de l’intéressé qu’une conclusion médicale. »
Cette évaluation médicale distingue ainsi les troubles évoqués par le suspect de la conclusion clinique retenue lors de cet examen.
Le suspect conteste la qualification terroriste
Malgré la reconnaissance de la préméditation et du ciblage de personnes en raison de leur origine réelle ou supposée et de leur appartenance religieuse, Kevin T. conteste toute intention terroriste. Il considère son action comme légitime, selon les éléments présentés par le procureur.
L’enquête de flagrance se poursuit afin d’exploiter l’ensemble des éléments recueillis et de préciser les circonstances de l’attaque, sa préparation et les motivations du suspect.
