Alors que plusieurs économies africaines affichent des perspectives robustes, le Sénégal se retrouve en bas du classement des prévisions de croissance pour 2026. Une situation qui contraste avec les performances enregistrées l’année précédente et suscite des interrogations sur la trajectoire économique du pays.

L’embellie aura été de courte durée. Après une année 2025 marquée par une croissance soutenue de 7,9 %, frôlant les deux chiffres, le Sénégal voit ses perspectives nettement revues à la baisse. Selon les dernières projections du Fonds monétaire international (FMI), publiées jeudi dans son rapport sur les perspectives économiques en Afrique subsaharienne, la croissance du pays devrait s’établir à seulement 2,2 % en 2026.

Cette contre-performance intervient dans un contexte régional pourtant relativement dynamique. L’Afrique subsaharienne, qui a enregistré une croissance estimée à 4,5 % en 2025, voit néanmoins ses perspectives légèrement assombries. En cause, notamment, les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, qui ont entraîné une hausse significative des prix des matières premières, en particulier des combustibles et des engrais.

Le FMI alerte également sur une possible dégradation des indicateurs sociaux dans la région. La pauvreté et l’insécurité alimentaire pourraient s’aggraver, en raison de la baisse de l’aide extérieure et du renchérissement des denrées alimentaires. Globalement, la croissance en Afrique subsaharienne devrait s’établir à 4,3 % en 2026, avec toutefois de fortes disparités entre pays.

Des locomotives régionales en pleine accélération

Certaines économies continuent en effet d’afficher des performances remarquables. L’Éthiopie domine le classement avec une croissance projetée à 9,2 %, suivie de la Guinée (8,7 %), de l’Ouganda (7,5 %), du Rwanda (7,2 %) et du Bénin (7,0 %). Ces pays constituent le peloton de tête d’une région à plusieurs vitesses.

À l’inverse, le Sénégal figure parmi les moins performants. Classé 38e sur 44 pays, il se situe derrière l’ensemble de ses voisins de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Des pays comme la Guinée, la Guinée-Bissau, le Mali, le Burkina Faso ou encore la Gambie affichent tous des perspectives de croissance supérieures.

Le gouvernement appelle à relativiser

Face à ces projections peu encourageantes, le ministre sénégalais de l’Économie, Abdourahmane Sarr, appelle à une lecture nuancée de la situation. Il évoque une économie en phase de redressement et insiste sur la solidité des fondamentaux macroéconomiques du pays et de son espace régional.

« L’évaluation d’une économie en phase de redressement, telle que le Sénégal, doit être interprétée à la lumière des fondamentaux robustes de son espace d’appartenance », a-t-il déclaré. Selon lui, l’UEMOA dispose de marges de manœuvre importantes pour faire face aux chocs et gérer les risques.

Le ministre souligne toutefois la nécessité de traduire ces acquis en améliorations concrètes pour les populations, à travers des réformes ambitieuses visant une croissance plus inclusive.

Reste à savoir si le Sénégal parviendra à déjouer ces prévisions pessimistes. Les prochains mois seront déterminants pour mesurer la capacité de l’économie nationale à rebondir dans un environnement international incertain

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