Dans l’affaire des fonds détournés à l’Aprosi, s’élevant à plus de 700 millions FCFA, les avocats de l’inspectrice Tabaski Ngom et ceux de l’ancien ministre Moustapha Diop s’engagent dans une lutte médiatique et judiciaire acharnée.

Accusée de détournement de fonds publics, Tabaski Ngom soutient avoir remis une partie de cette somme à Moustapha Diop pour financer sa campagne électorale en vue des Législatives de novembre 2024. Ce dossier se distingue par un affrontement judiciaire intense entre les défenseurs de l’inspectrice du Trésor et ceux de l’ancien ministre. Pour les avocats de Ngom, l’objectif est clair : sortir leur cliente de l’isolement pénal. Tout en ne niant pas les faits, ils cherchent à les contextualiser. Comme l’a rapporté L’OBS, la défense affirme que « Tabaski Ngom n’était que l’instrument d’un système dont Moustapha Diop serait l’architecte ». Elle serait ainsi perçue non pas comme la coupable, mais comme une victime d’une hiérarchie abusive.

Les deux protagonistes ont été auditionnés et demeurent en détention. Récemment, il a été annoncé que Tabaski Ngom a été internée au Centre hospitalier universitaire de Fann, dans le service psychiatrique, après avoir connu des crises répétées début mars. Ses avocats n’ont pas communiqué sur cette situation, laissant planer un mutisme presque coordonné. « Nous n’avons pas encore la preuve d’une documentation attestant que toutes les dénégations de Moustapha Diop ont été prouvées par des documents, par des preuves versées au dossier », ont-ils déclaré.

De son côté, Moustapha Diop a également été entendu. Selon ses avocats, il ne reste plus beaucoup d’éléments avant que le juge ne puisse décider de la clôture du dossier et de la possibilité d’un renvoi en jugement. Dans cette affaire, les accusations fusent de part et d’autre. Lors de son audition, Moustapha Diop a catégoriquement nié les faits, présentant des documents qui, selon ses conseils, prouveraient que la « décharge brandie par Tabaski Ngom n’est pas authentique ». Les avocats de l’ancienne comptable de l’Aprosi remettent cependant en question cette affirmation : « D’après ce qui a été relayé dans la presse, Moustapha Diop aurait nié les faits qui lui ont été reprochés. C’est normal pour un prévenu de nier, mais il est essentiel de noter que nous n’avons pas encore la preuve d’une documentation confirmant ses dénégations. »

Malgré son incarcération, Moustapha Diop maintient sa ligne de défense, ne reconnaissant aucun des faits qui lui sont reprochés. De son côté, Tabaski Ngom attend avec impatience une confrontation directe devant le magistrat instructeur. Ce face-à-face, s’il se produit, pourrait constituer un tournant décisif dans une procédure où chaque camp joue sa survie judiciaire.

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