Après une chirurgie, le réveil des patients n’est pas simple. Et parfois même très compliqué. En effet, certains patients souffrent de délires post-opératoires. Cette complication, qui peut concerner jusqu’à 70 % des patients âgés de plus de 60 ans passés par un bloc opératoire, se caractérise par une confusion, une agitation, une désorientation parfois même des hallucinations ou encore un ralentissement psychomoteur, une apathie, une baisse de l’attention…
Mais ce trouble pourrait aussi être le signe d’un risque accru de déclin cognitif chez les personnes âgées, selon une nouvelle étude publiée dans la revue JAMA International Medicine.
Le délire post-opératoire est associé à un déclin cognitif plus rapide
Si le délire postopératoire peut toucher les patients à tout âge, il est la complication post-chirurgie la plus fréquente chez les personnes âgées. Ce trouble est associé à un pronostic défavorable, mais peut aussi entraîner une série de réhospitalisations, avec des séjours potentiels en soins intensifs, en unité de soins post-aigus, ou les deux. Face à ce constat, les chercheurs du Mass General Brigham, de Hebrew SeniorLife et de l’Université Brown ont voulu mieux comprendre ce trouble et son implication pour la santé cérébrale des personnes âgées.
Ils ont pour cela suivi 560 adultes âgés de 70 ans et plus. Ils ont évalué leurs fonctions cognitives tous les six mois pendant 36 mois, puis annuellement pendant une période allant jusqu’à six ans. L’équipe a ainsi constaté que les changements cognitifs après une intervention chirurgicale sont « complexes » et que « le délire post opératoire influence la cognition jusqu’à cinq ans après sa survenue ». De plus, les personnes qui développent un délire post-opératoire, déclinent plus rapidement que celles qui n’en font pas. Les scientifiques ont aussi remarqué que le déclin plus rapide ne s’explique pas par les ré-hospitalisations pendant le suivi.
Cette association n’est pas liée aux ré-hospitalisations
« Nous avions anticipé qu’une partie au moins de l’impact du délire sur les fonctions cognitives à long terme serait due aux réhospitalisations, reflets de pathologies graves », indique la Dr Sharon K. Inouye, auteure de l’étude, dans un communiqué. « Cependant, nous avons été surpris de constater que les réhospitalisations n’expliquaient pas les effets du délire sur le déclin cognitif ultérieur. »
Ainsi, pour la scientifique et ses collègues, leurs résultats montrent qu’il faut poursuivre les recherches dans ce domaine pour mieux comprendre et prévenir le délire post-opératoire chez les personnes âgées.
