Alors que ce 12 juin marque la journée nationale de sensibilisation au TDAH, des chercheurs préviennent que cacher son trouble à l’âge adulte pour se fondre dans la masse, n’est pas bon pour la santé mentale.
Agitation, difficulté à rester en place, distraction, problème de concentration, tendance à interrompre les autres… les symptômes du TDAH sont très peu compatibles avec le monde professionnel. Ce qui conduit plus de 91 % des adultes touchés par ce trouble du neurodéveloppement à essayer de les cacher, les supprimer ou les compenser. Mais les subterfuges mis en place pour s’intégrer socialement impactent fortement leur santé mentale.
TDAH : cacher les symptômes affecte la santé mentale des patients
Pour mieux comprendre comment les adultes ayant un TDAH évoluent dans la société, les chercheurs de l’université Simon Fraser (Canada) ont interrogé 202 personnes âgées de plus de 16 ans ayant reçu un diagnostic de TDAH. Plus de neuf sur 10 ont confié dissimuler leur TDAH dans le travail ou encore les lieux publics ou leurs relations personnelles pour être perçus comme compétents et sympathiques. Certains ont également reconnu masquer leurs symptômes pour éviter d’être jugés, rejetés ou discriminés.
« Les stratégies courantes consistaient notamment à faire semblant, à imiter les autres, à trop se préparer, à éviter les situations sociales, à réprimer les impulsions comme l’agitation ou l’interruption, et à s’automédiquer », précisent les auteurs dans leur communiqué.
L’étude, présentée dans Research in Neurodiversity, montre également que cela n’est pas sans conséquence pour la santé mentale des patients. La dissimulation des symptômes du TDAH s’accompagne d’un épuisement, d’une anxiété, d’une dépression et d’une faible estime de soi. De nombreux participants ont également fait état de sentiments d’inauthenticité, du syndrome de l’imposteur et d’une incertitude quant à leur identité.
« L’effort cognitif supplémentaire nécessaire pour masquer les symptômes du TDAH peut également aggraver les symptômes principaux, affectant l’attention, la mémoire et la concentration. Certains participants ont indiqué se sentir irritables ou anxieux et avoir besoin de plusieurs jours pour récupérer après des périodes de dissimulation intense des symptômes », ajoutent les chercheurs.
TDAH : la dissimulation des symptômes peut aussi impacter la prise en charge
Au-delà de l’impact sur la santé mentale des adultes ayant un TDAH, le masquage des symptômes pour s’intégrer socialement présente un autre problème : un retard dans le diagnostic, la prise en charge et l’accès aux soins. « Reconnaître les comportements de camouflage est essentiel pour les médecins », affirme la psychologue Grace Larocci, co-auteure de l’étude.
« Ce n’est pas que les adultes atteints de TDAH aient une vision déformée du monde. Ils réagissent à de réelles attentes et pressions sociales et utilisent le masquage pour y faire face, ajoute-t-elle. Nous devons comprendre à quel point leur quotidien est difficile, et combien d’efforts cognitifs ou d’énergie mentale, ils déploient dans leur vie de tous les jours, afin de pouvoir les aider à trouver des moyens sains de gérer cela. »
