Une mauvaise lecture de la situation financière de la Senelec aurait pu provoquer une importante crise dans le secteur de l’électricité, selon les informations rapportées par L’Observateur.
D’après le quotidien du Groupe futurs médias, la Présidence de la République avait, dans un premier temps, refusé le paiement de la Prime sur le résultat annuel bénéficiaire (PRAB) 2026, estimant que la société nationale était en situation déficitaire. Une décision qui avait provoqué la colère des syndicats et fait planer la menace d’un bras de fer avec les travailleurs.
Lors d’une rencontre entre les représentants syndicaux et le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, l’État aurait reconnu une erreur d’appréciation après un nouvel examen des comptes de la Senelec. Selon la même source, le bilan transmis aux autorités présentait une situation financière dégradée en raison de l’intégration de créances importantes détenues par l’entreprise sur l’État.
Ces créances, estimées à plus de 573 milliards de francs CFA, comprennent notamment 182 milliards liés aux factures d’électricité impayées par l’administration centrale, les collectivités territoriales et certaines agences publiques, ainsi que 391 milliards correspondant aux compensations tarifaires.
Une fois ces montants pris en compte séparément, la situation financière réelle de la Senelec se serait révélée plus favorable, permettant d’envisager le versement de la PRAB, évaluée à près de 4 milliards de francs CFA.
La tension était pourtant montée ces derniers jours, les syndicats menaçant de durcir leur mouvement si la prime n’était pas payée. Une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, dans laquelle un responsable syndical appelait les populations à se préparer à d’éventuelles perturbations avec des bougies, avait renforcé les inquiétudes.
Finalement, les engagements pris par l’État ont permis d’apaiser le climat social. Après avoir obtenu des garanties sur le paiement de la PRAB, la Convergence syndicale des travailleurs de la Senelec (CSTS) a décidé de suspendre son mot d’ordre de grève.
Lors d’une assemblée générale, le secrétaire général du Syndicat unique des travailleurs de l’électricité (Sutelec), Mouhamed Habib Aïdara, a symboliquement retiré son brassard rouge sous les applaudissements des travailleurs, marquant ainsi la fin du conflit et l’éloignement du risque de perturbations dans la distribution de l’électricité.
