Le président français Emmanuel Macron a affirmé lundi que « la France n’a pas été prise à partie ou visée spécifiquement » dans le détroit d’Ormuz, appelant à éviter toute escalade après des tirs de sommation attribués aux forces iraniennes.
S’exprimant aux côtés du Premier ministre polonais Donald Tusk, Macron a indiqué que « plusieurs tankers et porte-conteneurs ont engagé une sortie du détroit d’Ormuz », estimant que la situation faisait suite à la décision américaine de maintenir un blocus ciblé.
« Je pense que c’est une erreur des deux côtés », a-t-il déclaré, précisant que les tirs de sommation ont conduit les équipages à faire demi-tour, « et ils ont eu raison », ajoutant qu’« il n’y a pas eu de dommage ni de blessés côté français ».
Le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’éviter toute escalade, plaidant pour « la réouverture inconditionnelle, sans sélection, sans péage, du détroit d’Ormuz ».
La guerre au Moyen-Orient n’a pas « affaibli le régime iranien », a déclaré, pour sa part, le Premier ministre polonais, estimant que le conflit profite au président russe, Vladimir Poutine.
Interrogé lors de la conférence de presse commune avec Donald Tusk, à Gdansk, le président français est revenu sur la mort d’un Casque bleu français, le sergent-chef Florian Montorio, accusant le Hezbollah d’avoir « visé nos soldats », alors qu’il doit recevoir demain le Premier ministre libanais à l’Élysée.
« Ils ne les ont pas visés parce qu’ils étaient français, mais parce qu’ils tenaient la mission », a-t-il ajouté, soulignant que les militaires intervenaient dans le cadre du mandat des Nations unies. Le chef de l’État français a également exigé « que justice soit faite ».
Samedi déjà, le chef de l’État français avait affirmé que « tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah », appelant les autorités libanaises à « arrêter immédiatement les coupables et prendre leurs responsabilités aux côtés de la FINUL ».
Le Hezbollah a nié tout lien avec l’attaque qui a coûté la vie au sergent-chef Florian Montorio, du 17ᵉ régiment du génie parachutiste, tué au sud du Liban lors d’une opération visant un convoi de la FINUL.
Le président français a assuré que la mission de la France au sein de la FINUL « se poursuit », tout en appelant à ce que « la justice soit faite ».
Par ailleurs, évoquant la question européenne, Emmanuel Macron a estimé qu’« une nouvelle ère s’ouvre en Europe » après l’élection de Péter Magyar en Hongrie, marquant la défaite de l’ancien Premier ministre Viktor Orban.
« Nous pouvons être raisonnablement optimistes sur la mise en œuvre du prêt de 90 milliards d’euros pour l’Ukraine », a-t-il déclaré, réaffirmant le soutien européen à Kiev « aussi longtemps que nécessaire ».
Enfin, Paris et Varsovie ont affiché leur volonté de renforcer leur coopération, notamment dans les domaines de la défense et de l’énergie, avec des discussions en cours sur le nucléaire civil et des projets d’exercices conjoints.
Au-delà des crises internationales, Paris et Varsovie entendent renforcer leur coopération stratégique, notamment dans les domaines de la défense et de l’énergie.
Les deux pays ont notamment évoqué un approfondissement de leur partenariat dans le nucléaire civil, ainsi que des « échanges d’informations » et « exercices conjoints ».
Macron a salué une relation bilatérale qui « atteint un niveau historique », insistant sur une « confiance mutuelle » renforcée entre les deux pays.
Emmanuel Macron et Donald Tusk ont assuré que les discussions avaient porté sur la dissuasion nucléaire « avancée », proposée le 2 mars par Emmanuel Macron à huit pays européens, l’Allemagne et la Pologne en tête, avec de possibles exercices conjoints et stationnements d’avions français équipés de l’arme nucléaire chez ses alliés, sans donner davantage de détails sur la décision de la Pologne.
Le Premier ministre polonais a réitéré son attachement à l’engagement pris entre alliés au sein de l’OTAN, estimant que cela relevait de la « fiabilité ». « Je peux compter sur quelqu’un », a-t-il conclu, faisant un clin d’œil au président français.
