Et si nous étions en train d’assister à un tournant politique que beaucoup refusent encore de voir ?
Depuis quelques jours, les prises de position et les décisions du Président Diomaye donnent le sentiment d’un président qui s’affranchit progressivement des lectures toutes faites. Elles ne traduisent plus cette complicité quasi automatique que beaucoup lui prêtent avec Sonko. Au contraire, elles laissent entrevoir un chef de l’État qui assume sa fonction, avec ses propres arbitrages et sa propre trajectoire. L’image qui m’a le plus marqué reste celle des forces de l’ordre intervenant aujourd’hui pour interrompre une vente de cartes de membre de PASTEF. La scène est presque surréaliste : le parti est au pouvoir, mais l’administration agit contre une activité de ce même parti.
De quoi bousculer bien des certitudes. Et pourtant, nombreux sont ceux qui continuent de soutenir que rien n’a changé, que le tandem Sonko-Diomaye fonctionne toujours selon un scénario écrit d’avance, que chaque décision relève d’un accord parfaitement huilé. Peut-être. Mais les faits, eux, commencent à raconter une histoire un peu plus complexe. Pendant ce temps, une autre question mérite d’être posée. Qui affirmait que les tests de Ndiaga Seck étaient revenus positifs ? Qui avait annoncé les premiers résultats négatifs ? Si les informations ont changé, pourquoi ? Et surtout, quelles en sont les implications ? Dans une affaire aussi sensible, la transparence devrait toujours l’emporter sur les rumeurs. Au fond, le problème n’est pas de choisir son camp. Le problème est de regarder les faits sans les tordre pour qu’ils confortent nos convictions.
Peut-être que demain tout cela sera démenti par un événement inattendu. Peut-être qu’une nouvelle séquence viendra conforter ceux qui parlent encore d’un « deal » entre Diomaye et Sonko. Ou peut-être pas. En politique, les apparences sont souvent trompeuses. Les certitudes encore plus.
Wait and see.
Adama DIOUF
GSB Les « JAMBAARS«
