Une affaire d’abus de confiance a conduit à la découverte d’un présumé réseau de prostitution clandestine dans un salon de massage situé à la Cité Biagui, à Yoff. Cinq personnes ont été interpellées dans le cadre de l’enquête, selon des sources de Seneweb.

Trois d’entre elles sont poursuivies pour des faits présumés de prostitution clandestine, proxénétisme, traite de personnes et exercice illégal de la profession de masseuse. Une autre personne a été arrêtée pour abus de confiance, tandis qu’une cinquième a été retenue pour les besoins de l’enquête.

Une plainte à l’origine de l’enquête

Tout est parti d’une plainte déposée le 7 juillet 2026 au Commissariat d’arrondissement de Guinaw-Rails par D. Mbaye, une esthéticienne âgée de 30 ans, domiciliée à la Cité Biagui. Elle accusait A. Thiaw d’abus de confiance portant sur un montant d’un million de francs CFA.

Selon la plaignante, les deux femmes faisaient partie d’un groupe de cinq personnes participant à une tontine quotidienne de 20 000 francs CFA, organisée sur une période d’un mois et vingt-cinq jours. À l’arrivée de l’échéance, la gestionnaire de la tontine n’aurait pas restitué sa mise malgré plusieurs relances.

Entendue par les enquêteurs, A. Thiaw a nié les accusations, affirmant avoir déjà remis l’argent à sa partenaire. Toutefois, elle n’a fourni aucun document prouvant ses déclarations, évoquant uniquement des remises effectuées en main propre.

Au cours de son audition, elle a également accusé D. Mbaye d’être impliquée dans des activités de prostitution clandestine dissimulées derrière un salon de massage.

Une perquisition aux résultats compromettants

À la suite de ces déclarations, une équipe d’enquêteurs s’est rendue à la Cité Biagui avec l’accord de D. Mbaye pour procéder à une vérification sur place. La perquisition de l’appartement, présenté comme un salon de massage, a permis la saisie de plusieurs objets, notamment des lubrifiants, des huiles de massage, douze téléphones portables, des cigarettes électroniques, des médicaments non identifiés et un briquet.

Sur les lieux, D. Mbengue, un staffeur de 22 ans domicilié à Guédiawaye, s’est présenté comme un client de l’établissement. Il a déclaré avoir déjà bénéficié de séances de massage de type « body-body » contre une somme de 15 000 francs CFA.

Selon son témoignage, D. Mbaye proposait aux clients plusieurs jeunes femmes en tenue légère avant de les orienter vers une cabine.

Des témoignages qui accablent la gestionnaire présumée

Deux femmes retrouvées sur place ont également été entendues. N. Diop, 29 ans, qui se présentait comme masseuse, aurait reconnu recevoir une rémunération variant selon les clients.

De son côté, A. B. Dione, âgée de 17 ans et élève en classe de 4e, a affirmé être uniquement chargée du ménage. Une version qui aurait été contestée par le client entendu par les enquêteurs, lequel a soutenu que les personnes présentes participaient aux activités rémunérées du salon.

D. Mbaye reconnaît l’exercice illégal du massage

Interrogée à son tour, D. Mbaye a d’abord déclaré pratiquer uniquement des séances de massage payantes. Elle a cependant reconnu ne disposer d’aucune formation ni diplôme dans ce domaine et ne pas avoir respecté les formalités nécessaires à l’ouverture d’un salon de massage.

Elle a également indiqué avoir travaillé auparavant dans un salon de massage à Saly, « Teranga Investment », dans le cadre d’un contrat à durée déterminée en 2016.

Face aux enquêteurs, elle aurait finalement reconnu certains faits tout en tentant d’en réduire la portée. Elle n’aurait toutefois pas apporté d’explications claires sur plusieurs versements de 100 000 francs CFA effectués tous les trois ou quatre jours, pour un montant total estimé à un million de francs CFA.

Cinq personnes retenues par les enquêteurs

Le matériel saisi a été placé sous scellés pour les besoins de la procédure. D. Mbaye, N. Diop et A. B. Dione ont été placées en garde à vue pour les infractions présumées de prostitution clandestine, proxénétisme, traite de personnes et exercice illégal de la profession de masseuse.

A. Thiaw a, pour sa part, été retenue dans le cadre de l’affaire d’abus de confiance portant sur un million de francs CFA. Quant à D. Mbengue, il a été maintenu à disposition des enquêteurs pour nécessité d’enquête.

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