Entre le portrait « sémillant » brossé par l’IRIS et l’admiration de Boris Diop, Sonko collectionne les louanges. Reste que « changer de maîtres », c’est accepter d’en avoir, et la présence africaine mérite mieux que des poncifs
Connu dans les colonnes de ce portail d’informations sur le Sénégal pour la concision et la clarté dans l’analyse qui privilégie la conquête des faits sur les présupposés réducteurs, la constatation desdits faits et leur construction par sa propre pensée, Amadou Thiourou Barry – intervenant dans le débat suscité par la plus récente interview de l’écrivain Boubacar Boris Diop accordée au site impact.sn – écrit : « Le droit au changement d’avis est absolu. Le droit à l’incohérence ne l’est pas. » En rendant de la sorte une fois encore propice « le terrain où le débat devient sérieux » – mots empruntés à Abdoulaye Seck sur ce portail – Thiourou encourage quiconque « veut véritablement débattre avec Boubacar Boris Diop » à l’invitation de Seck qui dit connaître très bien l’auteur de Murambi, le livre des ossements (Stock, 2000 et Zulma, 2011, 2020).
Nous y voilà à nouveau !
« Découpler le passé du présent »
Rédacteur libre et lucide de la préface à la réédition de l’essai original intitulé « L’Afrique au secours de l’Occident » (Les Éditions de l’Atelier/Les Éditions Ouvrières, 2021) de la journaliste et universitaire Anne-Cécile Robert, l’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop se désole de l’enfermement dans le passé des Africains. Sa supplique (p.6) est à peine nuancée : « On a parfois l’impression qu’en raison d’une histoire douloureuse les Africains ne peuvent décidément pas se résoudre à découpler le passé du présent pour faire face à leur destin, dans la fière solitude des esprits libres, sans jamais se laisser fasciner par le regard de l’Autre. »
Peu de temps après, c’est l’Autre qui force la fascination dans « Les maîtres du monde » (Eyrolles, 2025) en proclamant un découplage du passé du présent dont les gesticulations en trompe-l’oeil du déclamateur ne s’accompagnent toujours pas d’un texte fondateur à la portée des jeunes Africains auxquels il dit s’adresser. Les expressions courtes répertoriées par la chargée de recherches à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) – Caroline Roussy – dans son portrait du « sémillant Ousmane Sonko » sont bien connues :
- Légitimité d’incorruptible ;
- Souveraineté assumée ;
- Réappropriation des ressources ;
- Partenariat d’égal à égal ;
- Panafricanisme pragmatique ;
- Refondation de la CEDEAO ;
- Changer de maîtres ;
- Rediscuter les termes de la dépendance ;
- Multipolarité ;
- Sénégal théâtre de la compétition d’influence mondiale…
« Changer de maîtres », c’est accepter d’en avoir un ou plusieurs. « Rediscuter les termes de la dépendance », c’est accepter la dépendance. On voit bien que les points 7 et 8 du répertoire parasitent tous les autres points. Dans la préface (p.7) citée plus haut, Boubacar Boris Diop avertit : « Il semble d’ailleurs que même les étrangers visitant l’Afrique ou s’y intéressant à un titre ou à un autre ont des difficultés à en parler avec le détachement qui sied à une démarche scientifique rigoureuse. Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire, il a toujours été difficile pour les intellectuels d’Occident de restituer de manière sereine et objective les faits de société observés sur le continent africain. Depuis les relations de voyage des premiers explorateurs, émaillées de malentendus parfois cocasses, les mentalités ne paraissent pas avoir beaucoup évolué. Il est souvent arrivé que sur le tard, après toute une existence consacrée à la recherche sur l’Afrique, certains spécialistes occidentaux glissent du terrain scientifique à des jugements de valeur pour le moins douteux sur les cultures africaines. Aux débordements amoureux du tiers-mondisme nourri par une certaine mauvaise conscience, se sont substitués avec une déconcertante aisance la lassitude et l’agacement. »
Le patron de l’IRIS Pascal Boniface, en conférence avec Ousmane Sonko le 9 avril 2026 à Dakar, est un cas à part puisqu’il se trompe totalement de bonne foi sur l’hôte sénégalais qu’il croit connaître mieux que les Sénégalais. Il suffit de réécouter le géopolitologue pour en avoir le cœur net : « Et lorsque nous avons publié avec Eyrolles l’ouvrage collectif Les Maître du Monde, qui contenait 20 portraits de personnalités importantes, eh bien, c’est moi qui les avais choisis. J’ai fait le casting. Je n’ai pas réalisé tous les portraits, loin de là. Caroline Roussy a dessiné celui de Sonko, mais c’est moi qui l’ai inclus parmi les 20 personnes que j’appréciais. Et pourquoi ? Je ne le connaissais pas personnellement. Il me semblait intéressant d’avoir un dirigeant face à la jeunesse africaine qui avait enfin réussi à obtenir des élections, qui avait été emprisonné et qui, même s’il ne pouvait pas se présenter lui-même à la présidence, avait aidé son représentant, Bassirou Diomaye Faye à remporter les élections et à devenir ainsi Premier ministre. Leur duo s’est ensuite consolidé par une large victoire aux élections législatives.
Ce qui est intéressant chez Ousmane Sonko, c’est son lien avec les jeunes, ses ambitions de souveraineté et d’indépendance, le fait qu’il se réfère à des figures historiques africaines comme Sankara et Lumumba, et qu’il se distingue des dirigeants africains actuels, souvent accusés de corruption. D’autres chefs d’État, moins expérimentés, sont arrivés au pouvoir par les armes, par le biais d’États alliés militaires, et n’incarnaient donc pas l’aspiration à la démocratie. Et Ousmane Sonko m’apparaissait comme un contraste saisissant avec les dirigeants qui gouvernaient par appât du gain ou les militaires qui brandissaient le thème de la souveraineté, mais qui, en réalité, n’étaient que leurs propres intérêts, car leur seul intérêt était de dominer le pays et non de le rendre souverain vis-à-vis des puissances étrangères. »
Le vrai Sonko – plutôt amis des putschistes Doumbouya (Guinée), Goïta (Mali), Traoré (Burkina Faso) et Thiané (Niger) – choisi par Pascal Boniface, est le même qu’admire Boubacar Boris Diop. Aussi, dans sa dernière interview, le procès fait par l’écrivain à la démocratie en Afrique de l’Ouest se passe-t-il de conjectures : « Dans le Sahel, l’enjeu ce n’est pas la lutte pour la démocratie mais le combat contre des forces impérialistes d’autant plus décidées à semer le chaos qu’elles se savent en train de jouer leur dernière carte en Afrique. » La préférence pour les putschistes est bien commune à Diop et Sonko. D’où notre désaccord avec les deux.
En définitive, sur tous les points cités plus haut – hormis les points 7 et 8 – Ousmane Sonko ne répare même pas la roue pour ne lui avoir pas consacré le temps de réflexion nécessaire inspirée par de grands auteurs africains comme le ghanéen Kwamé Nkrumah (Le Consciencisme, Présence africaine, 1964, 1969) et le Sénégalais Cheikh Anta Diop « Fondements économiques et culturels d’un État fédéral d’Afrique noire, Présence Africaine, 1960, 1974)
À travers la maison d’édition Présence Africaine, Nkrumah, Diop et beaucoup d’autres après eux insistent sur la grande idée de « Présence » dont l’explication est donnée par le préfacier d’Anne-Cécile Robert : « Dans un texte célèbre, Léopold Sédar Senghor a entrepris de rappeler ”Ce que l’homme noir apporte au monde”. Et de fait, l’aventure intellectuelle de ce demi-siècle s’est résumée pour l’Afrique à un mot : présence. Les fondateurs de la négritude en firent même ce qu’on pourrait appeler leur mot de passe. À sa manière très subversive, [l’ouvrage d’Anne-Cécile Robert] valorise une telle présence. ». Est-ce vraiment suffisant ? Bien sûr que non ! Et pourquoi ? Parce que, explique Boubacar Boris Diop, le réapprentissage de l’humanisme par l’Occident passe par la redéfinition du développement. Mais erreur ! Vaut mieux le faire plutôt que d’attendre que l’Autre le fasse. De la « liberté humaine » qu’on en tire dépend la présence africaine dans le monde bien au-delà des poncifs dont se satisfont Ousmane Sonko et les louangeurs qui l’observent de loin.
« Redéfinition du développement »
Cité par le professeur d’économie, le Sénégalais Moustapha Kassé (Paix à son âme), dans son essai en deux tomes, peut-être encore disponible sur son site Internet orphelin et intitulé « L’économie du développement : références africaines », François Perroux dit du développement qu’il « est la combinaison des changements mentaux et sociaux d’une population qui la rendent apte à faire croître, cumulativement et durablement, son produit réel global ». Le consensus suscité par Perroux et l’usage fréquent de la définition qu’il propose s’expliquent notamment par le compromis entre les facteurs qualitatifs (santé, éducation, libertés, participation politique, etc.) et les facteurs quantitatifs (croissance, transformation structurelle, autonomie décisionnelle des gouvernants, etc.) auxquels renvoie la définition. « Le développement n’est [donc] pas une simple amélioration matérielle telle que la reflète une hausse du PIB (ou des revenus personnels) ni quelque transformation générale du monde qui nous entoure, sous l’effet de l’industrialisation, du progrès technologique ou de la modernisation sociale. « Le développement est en fin de compte le progrès de la liberté humaine et de la capabilité de mener le genre de vie que les gens ont des raisons de valoriser », écrit le Prix Nobel d’économie 1998, l’Indien Amartya Sen. Dans la Revue Quart Monde (N° 176), l’ingénieur agronome, économiste et consultant en économie du développement, Paul Grosjean, explique : « Pour Sen, la mesure du développement par la croissance du revenu par tête d’habitant n’est pas « l’indicateur » mais « un des indicateurs” du développement, auquel doit s’ajouter la mesure d’autres valeurs comme l’accès à l’éducation, à la santé, à la sécurité, aux libertés politiques et sociales, à la liberté d’entreprendre, tant dans le domaine strictement économique que dans le domaine social. » « Si, poursuit Amartya Sen, le développement est affaire d’extension de la liberté, il doit englober la pauvreté aussi bien que le souci de l’écologie en tant que partie intégrante d’une préoccupation unitaire visant en dernier ressort à la sécurité et au progrès de la liberté humaine. » C’est que, explique-t-il, « la possibilité de mener le genre de vie qu’on apprécie – à raison – dépend entre autres choses de la nature et de la santé de l’environnement ». Il suffit d’ajouter ces deux dernières choses aux facteurs qualitatifs de développement selon François Perroux pour aboutir à la définition du développement durable qui préoccupe tant l’auteur indien et nous tous. Amartya Sen plaça « la relation entre croissance et développement » au coeur de l’ouvrage (Flammarion, 2014) consacré à la « splendeur » réelle ou plutôt supposée de l’Inde.
Et l’Afrique dans tout ça ?
Peu avant « Les maîtres du monde » (Eyrolles, décembre 2025), le journaliste français François Lenglet – connu pour ses analyses et chroniques économiques – publie, le 2 octobre 2025 chez l’éditeur Plon, son essai intitulé : « Qui sera le prochain maître du monde ? » Un seul maître selon Lenglet au lieu de vingt de l’avis de Pascal Boniface plus « généreux » dans son exaltation du pouvoir pour le meilleur et pour le pire.
Qui du Chinois – peu importe le nom – et de l’Américain – peu importe également le nom – sera sous peu le maître du monde ? François Lenglet argumente.
Le souci de Lenglet n’est ni le Chinois, ni l’Américain. La question qu’il se pose est on ne peut plus claire : « Comment le vieux continent peut-il encore se faire une place forte dans un ordre mondial totalement chamboulé ? » Quel intérêt pour l’Afrique ? Aucun ! Sauf qu’il n’est pas interdit de se poser la même question en remplaçant le mot place par celui cher aux tenants de la Négritude dont le Sénégalais Léopold Sédar Senghor cité par l’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop dans sa préface à la réédition du livre – « L’Afrique au secours de l’Occident » (Les Éditions de l’Atelier/Les Éditions Ouvrières, 2021) » – de la journaliste Anne-Cécile Robert. La question utile à l’Afrique serait alors celle-ci :
« Comment le continent africain peut-il encore se faire une présence forte dans un ordre mondial totalement chamboulé ? »
Il existe une seule première façon d’y répondre au stade où nous en sommes avec notre propre investigation : tout ce qui, aux yeux de Lenglet, est bon pour l’Europe – son continent – est bon pour l’Afrique – notre continent.
Que dit Lenglet concernant l’Europe et que dire de l’Afrique pour lui chiper raisonnablement le meilleur qu’il veut pour le vieux continent ?
François Lenglet se demande : « Après la mondialisation heureuse, l’Europe est-elle vouée à une vassalisation heureuse entre une Amérique affaiblie et une Chine impatiente d’imposer sa puissance ? » Aux yeux des Africains, une « vassalisation » n’est jamais heureuse. Le pari sur le découplage du passé du présent – histoire de vivre au présent – auquel Boubacar Boris Diop convie ses frères et sœurs d’Afrique suffit à expliquer notre refus d’invoquer ici l’esclavage, la colonisation, le néocolonialisme et la « nouvelle décolonisation » pour aller droit au but. En 1960, l’année à laquelle le Sénégal accède à l’indépendance sans les guillemets des aînés et cadets les plus critiques, je n’avais que 3 ans. À cet âge, je ne pouvais voir un colon français pour dire plus tard et aujourd’hui même à quoi il ressemblait. On peut donc nous croire quand nous disons que nous vivons, sans le moindre complexe de colonisé, en homme libre.
N’empêche qu’après les indépendances africaines, l’Europe s’est mise à concurrencer les anciennes colonies qu’elle dépeça pendant de très nombreuses années. Par quels moyens ? Par les moyens de se reconstruire grâce au Plan Marshall. Prenons le cas de l’Allemagne de l’Ouest (11 % du total de l’aide) qui rejoint le Plan en 1949 ! Ledit plan a joué un rôle crucial dans la reconstruction du pays du fait de l’aide substantielle sous forme de dons et de prêts. Les investissements industriels et la construction de logements contribuent à stabiliser l’économie. Bien sûr l’aide profita à d’autres pays exsangues : Royaume-Uni (26 %), France (22 %), d’autres pays se partageant le reste. Tout ce qu’il faut pour repartir du bon pied et concurrencer l’Afrique, obligée de se remettre toute seule de ses meurtrissures anciennes, comme aucune autre partie du monde.
Il est temps que cesse – une évidence – 70 ans de concurrence déloyale faite à l’Afrique par l’Europe et le reste du monde. « L’idée, écrit Boubacar Boris Diop dans la préface plusieurs fois citée dans ce texte, que l’Afrique, dont les dirigeants et les élites intellectuelles vivent de mendicité, puisse aider ses généreux bienfaiteurs paraîtra incongrue à bien des esprits blasés, si prompts à oublier que l’Histoire est une affaire de longue haleine. » Écrire cela n’aurait pas été nécessaire si les nouvelles économies des anciennes colonies d’Afrique n’avaient pas été sauvagement concurrencées, souvent à l’intérieur de leurs propres frontières, par les économies des anciennes métropoles coloniales. C’est une évidence.
« Le monde de la confrontation des grandes puissances, précise François Lenglet, c’est ce que la planète connaît depuis des siècles, à part quelques brefs intermèdes, comme celui qui vient de se terminer, qui a été très profitable à l’Europe, c’est aussi pour ça, évidemment, qu’elle veut y revenir, qui ressemble d’ailleurs à la fin du XIXe siècle. » Le dernier des intermèdes est celui qui a duré « 30 ans, de la chute du mur de Berlin, en novembre 1989, jusqu’à la guerre d’Ukraine ». Trente années favorables à l’Europe après les 40 autres les ayant précédées. Toutes défavorables à l’Afrique qui renonce à l’industrialisation en renonçant à l’effort de substitution aux importations pour se faire ensuite infliger la détérioration usuraire des termes de l’échange. François Lenglet avoue : « Vous savez, il y a un truc qu’on entend beaucoup, (…), c’est qu’il faut revenir à l’époque où c’était le droit qui prévalait sur la force. Billevesée ! Allez dire ça à un Africain ou un Asiatique dans les 30 dernières années, c’était le droit qui prévalait sur la force. Pas du tout ! Nous, on avait cette impression parce que c’est nous qui faisions le droit justement aux côtés des États-Unis. Donc on avait la position du puissant et on disait, chers amis, restez tranquilles. On vous jette quelques cacahuètes de temps en temps, mais ne touchez pas à l’ordre mondial. Bon, tout ça vole en éclats et il faut qu’on en prenne acte et qu’on se choisisse des spécialités, qu’on les défende, qu’on les protège. »
Le point de vue des démographes
Avec 2,5 milliards d’habitants en 2050 – contre 1,3 milliard aujourd’hui – l’Afrique subsaharienne abritera plus du quart de la population mondiale. Qu’en pensent les démographes ?
Une façon de le dire est d’invoquer la transition démographique qui se définit par le passage d’un régime traditionnel où la natalité et la mortalité élevées s’équilibrent à un régime dit moderne où la natalité et la mortalité faibles s’équilibrent également. L’intérêt d’un changement de régime démographique – ancien à moderne – matérialise un dividende démographique permettant de saisir une opportunité économique temporaire, grâce aux investissements en santé, éducation et bonne gouvernance, lorsque la part de la population active (15-64 ans) devient plus grande que celle des personnes prises en charge (jeunes et personnes âgées).
En Afrique seuls les régimes démographiques de Maurice et Les Seychelles – taux de mortalité et de natalité (autour de 10 ‰ ) bas – peuvent être considérés comme modernes. Avec les mêmes prévisions sur la période 2020-2025, le taux de natalité – encore dans la phase ancienne de la transition démographique – est, elle, de 32 ‰.
À la suite du changement de régime en mars 2024 au Sénégal, deux documents officiels sont rendus publics par le gouvernement du premier ministre Ousmane Sonko après une trop longue attente. Il s’agit, pour le premier document, de l’’Agenda national de transformation Sénégal 2050 (le temps d’une génération) et de la Stratégie nationale de développement SND 2025-2029 (5 ans seulement) pour le second document. Logiquement la transition démographique devait faire l’objet d’un traitement approprié sur la longue période (25 ans) plutôt que sur la courte (5 ans seulement). En faisant mention du dividende démographique sans le moindre mot sur le changement de régime démographique qui lui correspond – passage de l’ancien au nouveau régime dit moderne – les rédacteurs de la SND ont fait du mauvais travail pour rattraper l’absence totale de prévisions sur le long terme (2025-2050). Autrement dit, le Sénégal est un pays sans boussole depuis plus de deux ans maintenant.
Parlant de son pays, la France, François Lenglet explique : « Au-delà du bazar politique qu’il y a dans le pays, c’est vrai qu’au plan économique, ça ne va pas terrible non plus, au plan budgétaire, donc la force, elle est assise sur l’économie. Qui, il faut le dire aussi, est assise sur la démographie. » « Donc, conclut Lenglet, le vrai sujet, c’est la démographie, l’économie et la puissance politique. » L’auteur de « Qui sera le prochain maître du monde » (Plon, 2025) verrait alors d’un mauvais le « maître du monde » Ousmane Sonko dont l’IRIS se satisfait des lieux communs comme la souveraineté sans la moindre emprise sur local et le global que se disputent, à l’insu de Boris et Sonko, sans l’Europe et l’Afrique, les Chinois et les Américains.
C’est maintenant fait pour nous qui voulons débattre avec Boris ! Plus rien n’empêche alors le romancier à se prêter lui-même au jeu démocratique par la parole, l’écrit, l’image ou la marche pacifique quand l’occasion se présente. Autant de modes d’expression libre constitutifs de la vraie identité sénégalaise. Et qui font que le prête-plume – nègre littéraire – n’a pas, ici comme ailleurs, bonne réputation.
